Moins de choses chez moi? Non, j’ai trop peur

Je me demandais, l’autre jour, si ce ne serait pas la peur qui nous fait acheter puis conserver tous les objets qui nous environnent.

  • peur de ne pas avoir sous la main au cas où on en aurait besoin (outils)
  • peur de ne pas avoir assez (nourriture)
  • peur d’oublier (souvenirs en tout genre)
  • peur de ne pas retrouver le même (collectors)
  • peur de jeter (et d’offenser nos grand-parents)
  • peur de gâcher (et d’offenser de nouveau nos grand-parents)
  • peur de vieillir (plus de produits de beauté)
  • peur d’être malade (plus de médicaments)
  • peur du jugement d’autrui (plus de livres, plus de vêtements, plus d’électronique!)
  • peur de reconnaître que l’on s’est trompé (taille, usage, couleur, format)…

Ainsi, lorsque j’ai su que j’allais avoir ma première fille, j’ai acheté tellement d’objets! J’en avais besoin pour me rassurer. Je n’y connaissais rien en bébés, moi! Ainsi, je serai certainement une bonne mère, me disais-je.

  • Baignoire (alors que Fille Aînée a très vite adoré les douches dans nos bras et qu’un lavabo faisait parfaitement l’affaire).
  • Jouets (alors qu’elle n’aimait rien tant que les cuillers, les trousseaux de clefs et les autres êtres humains).
  • Draps (deux ou trois auraient suffi).
  • Vêtements (le temps que je comprenne sa courbe de croissance).

Et attendez, étant de nouveau enceinte de Fille du Milieu, j’avais toutes les raisons de conserver tout ça, puisque ça allait resservir!

Sauf que maintenant, j’avais compris: ni mes enfants ni moi n’avions besoin de tant d’objets pour vivre à notre façon.

J’ai tout donné, sauf le porte-bébé et les biberons. Inutile de préciser que nous frôlâmes (deux accents?) le minimalisme à l’arrivée de Petite Dernière.

Je ne suis pas une mère parfaite. Mais je n’ai plus peur de ne pas être à la hauteur. Je sais maintenant que les objets manufacturés que l’on trouve dans les magasins ne sont pas des talismans.

Vous aussi, vous utilisez les objets pour ne plus avoir peur?

17 Commentaires

Classé dans S'organiser à la maison

17 réponses à “Moins de choses chez moi? Non, j’ai trop peur

  1. babaorum

    Très intéressant…Mais alors, à quoi correspond, vers 50-60 ans, l’envie progressive d’un univers plus minimaliste et plus spacieux? La mode déco, surement, mais est ce la seule explication? Ne serait ce pas le même mécanisme que les rangements instinctifs à l’approche de l’accouchement? Alors que là, il s’agirait du besoin de se « détacher » du monde matériel en vue du « détachement définitif »? Brrr!!!Vite vite, encombrons nous d’objets!!!

  2. Vroum-Vroum

    Oui ! Les livres ! Mais je me soigne 😀 😀
    J’ai viré les 2/3 de mes possessions livresques, pour ne garder que ceux que j’AIME VRAIMENT, et que j’aimerai faire découvrir à mon enfant.

    J’ai moins de livres maintenant dans ma grande maison avec plein de place, qu’il y a 15 ans dans mon 40 m² parisien 😀 Du coup, j’ai moins de bibliothèque, et donc plus d’espace chez moi…même si je n’en manque pas !
    Mais je reconnais que pour un amoureux des livres, c’est difficile de se séparer de ces objets là, qui nous ont apporté tant de bonheur de lecture !

  3. calendula

    bonjour Laurence et merci pour votre blog que j’apprécie beaucoup. Mais oui, vous avez sans doute raison. Je me souviens que pendant toute une époque de ma vie, vers la trentaine, j’achetais des objets ( par exemple) pour ma cuisine) en pensant qu’ils faciliteraient énormément mon organisation, comme s’ils allaient vraiment changer ma vie ! Et finalement souvent assez décevants.
    Aujourd’hui, je me sers d’ustensiles de base , simples, somme toute d’assez peu d’objets qui me plaisent bien…. mais je me sens aussi beaucoup plus tranquille qu’il y a 20 ans .

  4. victoria

    Non, Laurence, parfois on achète pour combler un manque affectif par exemple.
    Pour ma part, il m’arrive d’acheter des tissus parce que j’ai des tas de projets en tête. Mais en fait, je suis trop optimiste : je n’ai pas le temps de les réaliser…

  5. Sandrine

    J’ai un bébé de 5 mois et je me retrouve dans ce que vous dites. Mais que voulez-vous dire par « le temps que je comprenne sa courbe de croissance »?

  6. En en parlant avec mes clientes, j’ai constaté que cette envie de simplicité arrive vers 45/50 ans. Il semblerait que, vers cet âge-là, on commence à comprendre que l’accumulation n’apporte plus grand chose. Soit qu’on ait maintenant assez de possessions, soit que le temps et les personnes prennent plus d’importance, soit qu’on se connaisse mieux (moins d’essais/erreurs…). C’est le début de la sagesse, sûrement, hein? C’est amusant parce que je lisais un article sur le dernier livre de M. Kauffman, le sociologue, sur… les sacs à main. D’après lui, les femmes tendent vers le minimalisme vers 50/60 ans, dans le choix de la forme et de la taille du sac à main.
    Votre rappel de notre tendance à la nidification me fait penser que l’inverse pourrait bien avoir lieu vers 50/60 ans: de même qu’on accumule les objets pour préparer l’arrivée de nos petits, on en enlèverait lorsqu’ils quittent le nid. Ca a du sens, ça?

  7. Tiens, c’est comme moi. Quand je dis à mon amie A que je n’ai besoin que d’un couteau qui coupe bien, une planche et un cuit-vapeur pour régaler ma famille, elle se marre!;)

  8. Je veux dire que je n’avais pas compris que les bébés grandissaient si vite et que la merveilleuse petite grenouillère achetée fort cher ne serait portée que 2 fois!

  9. victoria

    A mon avis, oui cela à du sens. Je suis dans la tranche 50-60….
    Aujourd’hui, j’ai davantage envie « d’essentiel ». Un grand hebdomadaire titrait récemment : « La vie commence à 50 ans », et j’y crois… Je préfère laisser à mes enfants des choses qui me sont précieuses, pas forcément de valeur. J’ai d’ailleurs garder des magazines de mode d’ « époque » de ma Grand mère. Mon fils en les voyant m’a dit que c’était inutile . Ce à quoi je lui ai répondu : « Quand je ne serais plus là, vous en ferez un feu de joie! » Ça l’a fait rire…
    Et finalement, si on entassait par manque : de confiance, affectif, de sagesse?

  10. JoOO

    Oui je pense que la peur de manquer joue beaucoup (manquer de souvenirs, d’affectif, de projets en attente, de vie quoi!), et puis devoir racheter ce qu’on a éliminé, c’est bête quand même…
    C’est tout le problème des aucazou : de temps en temps ils servent!
    L’art, en grandissant (je préfère, plutôt « qu’en vieillissant! ») c’est de mieux se connaitre et donc de mieux cerner ses aucazou et les restreindre à une réelle potentielle utilisation sans sombrer dans un (trop?) austère rigorisme. Je suis sans doute sur la bonne voie, mais c’est pas encore gagné!

  11. Sif

    Tout d’abord je découvre votre blog et comme d’autres l’ont écrit avant moi je le trouve très intéressant ! Jeune maman d’un petit Quentin âgé maintenant de 14 mois, je me suis retrouvée complètement perdue quand il a fallu s’équiper d’autant plus que la date approchait à grands pas et que c’était le 1er ! Et ce n’est pas les magasins spécialisés qui vous aident et pas toujours les conseils de l’entourage (chaque famille est différente!) alors j’ai trouvé ce site internet qui m’a aidé à y voir clair : pour la liste de matériel, on a le choix entre le nécessaire, l’utile et le complet ! http://www.petitout.com/aspx/liste-materiel-bebe.htm
    L’euphorie de devenir parent étant passée (c’est aussi ce qui fait dépenser++), maintenant je guette les bourses de puéricultures, pour le peu de temps que les vêtements sont mis, surtout la 1ère année, ça vaut le coup !http://bourse-puericulture.org/

  12. je me rappelle avoir acheté tellement de choses pour mon fils, mon premier, et une bonne dose de choses inutiles qui m’ont d’ailleurs coûté cher!!! pour ma fille qui est arrivée en 2ème, j’ai été beaucoup plus minimaliste et de toute façon nous n’avions plus les moyens d’acheter des babioles… si un jour nous avons un 3ème enfant (comprenez par là : si j’arrive à convaincre monsieur), je sais d’ores et déjà que je n’achèterai quasi rien…

  13. Un argument de plus pour un p’tit troisième, alors: mais il va rien nous coûter, celui-làààà! 🙂

  14. stardust

    moi c’est mon divorce qui m’a amenée à me désencombrer… tous ces objets étaient perçus comme autant de « problèmes » à résoudre, autant de choses à partager, autant de choses à… perdre…
    et quand je me suis retrouvée à devoir vivre dans une petite chambre pendant quelques mois avec tous ces objets (enfin, la moitié d’entre eux :-/ …) entassés dans des cartons, ça m’a encore plus motivée à trier et à revenir à l’essentiel… désencombrer pour y voir plus clair (crise de la trentaine? lol), et pour diminuer l’angoisse, le stress engendrés par tous ces biens matériels qui me retenaient comme autant de chaînes… objets qu’à la base j’avais paradoxalement accumulés pour être moins stressée, pour vivre dans un semblant de « sécurité »… oui, c’est bien la peur qui nous pousse à accumuler… peur de manquer et vide à combler… comme ces achats-consolations que l’on fait parfois quand le moral n’est pas au beau fixe…

  15. Odile

    Grâce à votre blog, je pense maintenant sérieusement à me défaire de beaucoup de choses dont je ne me sers plus(certains objets sont dans les cartons de mon dernier déménagement, il y a 5 ans… autant dire que je m’en suis très bien passée depuis!), livres lus une fois, qui encombrent ma bibliothèque et ne m’intéressent plus… bref, à force de venir ici, lire les articles parlant de ce sujet, l’idée a fait son chemin dans mon petit cerveau, et je suis prête à agir!

  16. Pistouche

    Moi ce qui me pousse à accumuler, c’est la haine du gaspillage. Le « ça pourrait toujours servir ». Du coup, si ça part sur une brocante ou si c’est donné à quelqu’un qui s’en servira, ça passe mieux.
    Par contre, acheter par peur, oui, ça arrive. Et l’exemple de la jeune maman est bien choisie et je sais de quoi je parle! D’ailleurs souvent les choix des jeunes parents en disent long sur leur appréhension. Entre les articles qui permettent de bouger avec bébé et de « vivre (à peu près) comment avant », ceux qui promettent un bébé tout calme ou qui fera ses nuits, ceux qui tentent de réconforter des parents stressés d’avance (et toujours toujours plus de sécurité pour le petit ange), ceux qui se chargeront d’éveiller ou de divertir le petit (aurait-on peur que ses parents ne puissent pas s’en charger?). Puis ceux qu’on achète pour réaliser un rêve: la petit robe trop mignonne qu’on aurait aimé enfiler à notre poupée ou le berceau avec voiles acheté une fortune…
    Je pense aussi que parfois on achète un « espoir de faire quelque chose ». Les livres de cuisine avec des recettes qu’on ne fera jamais mais rien que de l’acheter, c’est déjà s’imaginer qu’on fera tout ça et ça fait du bien. Dans le même ordre d’idée, j’avais à une époque toutes sortes de produits « détente » pour le bain (paillettes, bain moussant, huiles relaxantes,…) mais je ne prenais jamais le temps de m’en servir. Les boites de jeux de société pour les soirées entre amis. Sauf que quand on les voit (et c’est pas si souvent!) ces chers amis, on a trop de choses à se raconter pour jouer… Mais dans une autre vie, on aimerait tellement y consacrer du temps.

  17. Riche&Célèbre

    Oui, découvrir le désencombrement à partir de 50 ans est une façon de se préparer au grand abandon de la mort, je le ressens ainsi. Mais c’est une voie de sagesse et un chemin pour savourer la vie au présent, en ce sens ça n’a rien de morbide !

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