Archives de Catégorie: Astuces pour s’organiser

Allez, c’est ta dernière chance avant la sortie

Je manifeste parfois mon indulgence d’une façon étrange. J’ai tendance à vouloir donner une dernière chance aux choses avant de cesser notre relation, si je peux dire.

Dans ma penderie

Ainsi, comme beaucoup de femmes, j’ai plus de vêtements qu’il n’est absolument nécessaire (parce que ça compte, la variété, non?). Mais, à côté de ça, je déteste posséder des habits que je ne porte pas.

En effet, quel serait l’intérêt à garder des tenues non utilisées?

  • Occuper de la place sur une tringle?
  • Me flageller parce que cette robe m’a coûté cher?
  • M’entraîner au pliage à la japonaise?
  • Me donner une (illusoire) sensation d’abondance?
  • Représenter (sans pour autant me permettre de la vivre) ma vie rêvée?

Par conséquent, j’ai un coin de ma penderie qui est réservé aux « Dernière chance avant la sortie ». J’y dépose les vêtements que je n’ai pas portés depuis longtemps et m’oblige à trouver une façon de les utiliser.

Si, au bout de quelque temps (c’est variable, je ne suis pas pour les contraintes excessives, tout de même), je n’ai pas réussi à les combiner, les retoucher moi-même, bref, ils n’ont pas saisi cette dernière chance, tant pis. Ils sortent de chez moi (Ebay ou Relais, dans mon cas). Bien entendu, je suis de bonne foi: si je parviens à trouver un usage à ces vêtements, je me réjouis de les faire revenir avec leurs congénères portés.

Sur ma table de nuit

J’agis de même pour les livres. Les accumuler, comme ça, sans même y toucher, me semble du gâchis (et, en tout cas, de l’encombrement poussiéreux).

J’ai donc un tas des « A lire, sinon… ». Sinon, je vous rassure, rien de grave.

Simplement, je me rappelle qu’il s’agit là de leur dernière chance d’être lus et que si je la laisse passer, ça peut signifier qu’ils n’étaient peut-être pas si importants que ça, finalement. Alors, je les aiderai à partir (délicat euphémisme pour désigner un recyclage).

Ce tas me sert aussi à me discipliner: pas de nouveau livre tant que je n’ai pas donné d’abord leur chance à ceux qui sont empilés.

Ailleurs aussi?

Il me semble qu’on peut faire de même avec les livres de recette par exemple, les équipements de cuisine, le matériel de travaux manuels…

Qu’en pensez-vous, chers lecteurs? Utilisez-vous aussi une technique de ce genre pour maximiser vos possessions ou freiner vos acquisitions?

 

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Pourquoi nos listes de tâches n’avancent-elles pas à la même vitesse?

Aurélie me faisait remarquer que ses listes de tâches au travail avancent (descendent? se font cocher?) plutôt vite et bien mais qu’il n’en va pas de même pour sa liste de tâches à faire à la maison. Mais pourquoi diable? Comment se fait-ce?

Plusieurs pistes possibles:

De l’art de s’accommoder des contraintes

En général, au travail, on évolue avec davantage de contraintes: date-limite, réunion, demande des clients, impératifs provenant d’autres services… Du coup, nous sommes en quelque sorte obligés d’avancer, de faire les choses. Ce qui maintient un rythme soutenu et régulier de « tiens, et encore une tâche cochée, YES! ». En revanche, moins de contraintes dans la vie privée = moins de tâches cochées. Après tout, qui va venir vous tirer les oreilles si vous n’êtes pas allée courir mardi soir ou si la serpillère n’est pas passée dimanche? Personne, j’espère.

Je trouve donc tout à fait normal que la liste « travail » soit cochée avec plus de diligence que la liste « maison ».

De cette manie qu’on a d’avoir les yeux plus gros que le ventre

Il se peut que, pleine de bonnes intentions (ah là là, vous aussi?), vous soyez un poil trop ambitieuse.

Autrement dit, vous notez plein de choses sur votre cahier, en étant persuadée que le simple fait de les écrire va les rendre plus probables. Bien sûr, puisque c’est écrit, c’est censé être motivant, non?

Eh non. Il faut un ingrédient supplémentaire, plus subtil: la notion d’engagement.

C’est-à-dire qu’au moment d’écrire une tâche, il faut être convaincu qu’elle est importante, qu’elle mérite d’être faite. Tiens, par exemple: jamais au grand jamais je ne noterais « perdre 3 kilos » sur ma liste. D’abord, c’est vrai que ce n’est pas tout à fait une « tâche ». C’est plus une intention. Et un peu vague en plus. Et à laquelle je ne crois guère, tout bien pesé (c’est le cas de le dire), vu qu’en plus, on approche des fêtes.

Donc, faites maigrir (mais qu’est-ce que j’ai avec ça, moi?) votre liste. N’y notez que des tâches sur lesquelles vous vous engagez vraiment.

De la technique des petits pois pas

Peut-être aussi, pour aller vite, notez-vous des tâches trop « dodues » (allez, encore un petit truc comme ça et j’arrête les métaphores nourricières). J’entends par là que « Acheter les cadeaux de Noël » ressemble à une tâche, c’est vrai. Mais pour pouvoir la réaliser, encore faut-il savoir ce qu’on va acheter. Et du coup, « Acheter les cadeaux de Noël » met du temps à être cochée. Parce qu’en réalité votre tâche devrait plutôt être « Appeler Pascale pour lui demander ce qui ferait plaisir à Bastien ».

Décortiquez, chers lecteurs (tiens, comme le homard ou les crevettes. Ok, je sors).

A propos de décortiquage, vous aimerez sans doute lire cet article sur les to-do lists vraiment utiles. Et celui-ci devrait vous aider également: on y parle de l’intérêt de décloisonner vie privée et vie pro.

 

 

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Question des lecteurs: étudiant, dois-je rechercher la méthode d’organisation parfaite?

Pedro me dit:

« Bonjour Laurence Einfalt, (vous pouvez m’appeler Laurence, vous savez)
Je suis étudiant en sciences sociales. Depuis tout jeune, je suis incapable de m’organiser. Le travail se faisait sur les derniers jours. Ma tête enregistre ce qu’il faut faire et les dates avec. Cependant, j’ai toujours tout rendu dans les temps. Ces dernières années, j’ai tenté de me renseigner sur des méthodes d’organisation diverses. J’ai essayé l’agenda, la gestion par priorité dans le but de finir mes travaux à l’avance et ne pas avoir à finir les choses la veille car c’est fatiguant. Pendant deux mois, j’ai tout noté sur l’agenda, les tâches que je devais faire. Malheureusement, tout dépasse et les imprévus viennent sans cesse. Au final, j’ai passé beaucoup de temps à réorganiser l’emploi du temps et je le ressens comme du temps perdu. Par conséquent, j’ai arrêté et repris les vieilles habitudes. Je ne procrastine pas véritablement puisque je travaille tous les jours mais mon travail est lent puisque je m’arrête régulièrement pour réfléchir, regarder autre chose, etc. C’est chaud. J’ai tenté les conseils auprès de collègues psychologues (on me parle de mettre en place des habitudes). La question que je me pose : avec tous ces conseils pour être plus productif, ne serais-je pas en train de trop me tourner la tête à la recherche d’une méthode parfaite et me convenant ? »

 

Pedro, je dois d’abord vous féliciter. En effet, il n’y a pas tant d’étudiants qui se posent des questions sur leur organisation. On en rencontre plus souvent qui flirtent avec la procrastination… sans jamais souhaiter y remédier.

Votre question appelle deux suggestions de ma part, l’une sur vos outils, l’autre sur votre comportement.

En ce qui concerne les outils, afin de pouvoir tenir compte des imprévus, et donc rester souple dans votre emploi du temps, il vous faut (en plus de votre agenda), soit la fonction Notes de votre téléphone portable, soit un cahier: vous y noterez toutes les tâches à faire dès que possible.

Exemples: réfléchir à un plan, étoffer une bibliographie, lire le chapitre 1 de tel livre etc…

Conservez votre agenda pour tout ce qui comporte une date-limite.

 

En ce qui concerne votre comportement, vous avez remarqué que vous avez tendance à rêver, à être distrait etc. Rien de grave, puisque c’est le propre des personnes créatives.

En revanche, je vous propose d’observer à quel moment de la journée et où votre distraction se manifeste le plus. Je ne serais pas surprise que vous découvriez des « patterns » riches d’enseignement: fatigue/faim-soif/bruit/trop de notifications… Si c’est le cas, veillez à supprimer la cause de ces micro interruptions et je parie que votre concentration s’en trouvera renforcée.

Vous pouvez également utiliser la méthode Pomodoro pour conserver votre concentration.

Enfin, pour répondre à votre dernière question: il est possible que vous soyez perfectionniste et que vous pensiez qu’il existe UNE méthode idéale pour réussir vos études. En réalité, on s’organise au mieux avec les outils les plus simples et en approfondissant sa connaissance de soi.

Pour aller plus loin:

Pour tous les étudiants, sachez que Stéphanie, ma co-auteure et moi, avons consacré un chapitre complet sur la question de votre organisation dans « Apprendre à s’organiser, c’est facile« .

 

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Question des lecteurs: comment m’organiser dans mon travail?

Valérie me dit: « Comme beaucoup, je découvre votre blog et le trouve hyper intéressant (merci, comme c’est gentil!). Je l’ai découvert en recherchant des méthodes d’organisation au travail.
Pourriez-vous m’aider ? Je travaille en bibliothèque et je gère plusieurs dossiers en même temps : les animations actuelles, les animations futures, les dossiers de ddes de subventions… en outre, je dois prévenir la hiérarchie, les collègues (TP, 80%, 50% sans compter les absences en arrêt maladie) in situ et celles dans les annexes. Bref, beaucoup d’infos à transmettre, à demander l’avis de… Et me souvenir de l’avoir fait !
Jusqu’à présent je fonctionne avec des papiers volants mais ça vole… et ça se disperse. J’ai essayé le classeur avec onglets, pas pratique à transporter…
Quel type d’organisation vous inspire mon travail ?
Bien cordialement,
Valérie »

Pour schématiser, Valérie, vous avez trois types de choses à « gérer »: les informations relatives à vos projets, vos actions et les informations « transversales ».

Les informations liées à vos projets

Exemple de projet: l’animation du 22 janvier prochain.

Exemple d’informations liées à ce projet: les échanges par mail que vous avez eu avec deux intervenants potentiels pour cette date-là.

Votre organisation: dès qu’un projet se dessine (suite à une réunion, à une idée que vous avez eue, etc.), créez immédiatement

  1. Une chemise cartonnée avec le nom du projet écrit en gros
  2. Un dossier dans vos mails, portant le même nom
  3. Eventuellement un dossier sur votre disque dur, portant le même nom (si vous savez que vous créerez ou enregistrerez différents documents Word, Excel, Powerpoint ou autre)

Ainsi, vous  avez maintenant vos emplacements tout prêts à recevoir les différentes informations sous forme papier ou numérique.

Vos actions

A chaque étape de vos projets, vous avez des actions à faire.

Exemple: informer Brigitte que vous avez choisi tel intervenant et lui transmettre son devis.

Pour ne rien oublier, je vous recommande de posséder deux outils, au format papier ou numérique, à votre guise. Ces deux outils sont

  1. un agenda
  2. une liste d’actions. Elles ne sont pas liées à une date-limite impérative mais il faut quand même les faire dès que possible.

Vous avez raison de noter un maximum de choses. Encore faut-il les noter sur l’un ou l’autre de ces outils, si ce sont bien des actions. Et cocher, une fois que c’est fait: c’est tellement jouissif!

Je vous recommande de vous déplacer avec votre agenda et votre cahier lorsque vous allez voir un(e) collègue.

Les informations « transversales » ou « de référence »

Une information transversale n’est pas liée à un seul projet mais, au contraire,  elle sert  à plusieurs d’entre eux.

Exemple d’information transversale: l’emploi du temps de Carole, qui est en temps partiel. Or Carole est impliquée dans quelques uns de vos projets. Ou encore le planning des animations du 1er trimestre, tel qu’on l’a décidé en réunion.

Ce type d’informations doit être placé dans un endroit spécifique, facile d’accès: une chemise, un affichage sur votre mur, un porte-vue, un dossier sur votre disque dur… où vous voulez, mais pas mélangé avec le reste.

Si j’étais vous, je placerais au même endroit toutes les informations transversales, avec mes contacts, mes codes d’accès, bref tout ce dont quelqu’un qui prendrait mon poste aurait besoin pour s’y retrouver.

Feuilles volantes et autres Post-it

Je n’ai rien contre les notes adhésives et les feuilles volantes. A condition de les identifier comme appartenant à l’une des trois catégories ci-dessus. Et donc, plusieurs fois par jour, il s’agit de les placer (ou de les transcrire si ce sont des actions) au bon endroit.

Ce qui nous amène au…

Rangement du bureau

Cet article à base de métaphore ovine est toujours d’actualités. A vos moutons, Valérie!

Et pour finir, ceci, pour qu’on ne médise plus jamais des moutons.

 

 

 

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Un slasheur sachant slasher….

… a intérêt à s’organiser. Démonstration sur le site Slasheurs.fr sur lequel je me suis posée cette semaine. Merci Héloïse!

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Comment se servir efficacement d’un agenda?

C’est le commentaire de Cathie qui m’a interpellé sur ce sujet. Elle dit, fort justement, que si on inscrit la date-limite sur son agenda et qu’il nous arrive un imprévu, par exemple, on se retrouve obligé de faire les choses au dernier moment.  Pour palier cette difficulté, que peut-on faire?

1- Tricher sur la date-limite

Au lieu d’indiquer le 23 octobre (vraie date-limite), on note l’événement quelques jours avant.

Avantage de cette technique: ça laisse de la marge, c’est prudent

Inconvénient: si on a besoin d’un suivi quelconque, impossible de de se souvenir de la date exacte, puisqu’on a triché

Conclusion: je ne recommande pas cette technique.

2- Noter à plusieurs endroits, au besoin en recopiant

On note la date-limite sur son agenda, puis on la gribouille sur un Post-it et on se la re-note sur le cahier quand la date approche. Ou tout ça, mais dans un ordre différent.

Avantage de cette technique: ah ça, on ne risque pas d’oublier! A force d’écrire et ré-écrire, ça finit par être bien inscrit dans notre mémoire

Inconvénient: augmentation du stress et perte de temps (recopiages incessants)

Conclusion: stress + perte de temps = où sont l’efficacité et la sérénité, là-dedans, je vous le demande?

3- Distinguer l’événement proprement dit des actions nécessaires

Prenons l’exemple des fêtes de fin d’année (qui approchent, je ne voudrais pas vous stresser, chers lecteurs, mais… tout de même… ça approche. Bref).

Si vous indiquez sur votre agenda, au 24 décembre: « Noël », c’est très bien. Mais ça ne suffit pas pour obtenir un Noël réussi. Parce que la question se pose alors: que faire de toutes les actions menant à Noël? Exemples: invitations? Où? Qui apporte quoi? Cadeaux? Menu? Courses? Et j’en passe…

Considérons que « Noël Réussi » est un projet (plus à ce sujet ici). Quelle est la première action que je dois faire pour entamer ce projet? Celle qui « débloquera » tout le reste? Après réflexion, je découvre qu’il faut avant tout que j’appelle Marie-Claire pour connaître ses dates de disponibilité parce qu’elle est commerçante et qu’elle travaille pendant les fêtes de fin d’année. Nous devrons donc choisir la date du repas familial en fonction d’elle.

Cette action « Appeler Marie Claire » doit-elle être faite à une date précise (sous peine de faire rater mon projet)?

Si oui, je vais la noter sur mon agenda. Mettons au 24 novembre.

Pourquoi ai-je choisi le 24 novembre (me demande Phèdre en commentaire)? Parce qu’appeler Marie-Claire avant cette date ne sert à rien (elle n’aura pas encore son planning).  Et puis, à partir du 25 novembre, entre mes propres emplois du temps professionnel et familial, c’est moi qui n’aurai plus le temps de l’appeler! De plus, si je veux pouvoir planifier tout le reste du « projet » et prévenir toute ma smala dans des délais raisonnables, la date idéale, par rapport à toutes ces contraintes, est le 24 novembre.

Donc, on se retrouve avec deux choses notées sur l’agenda: l’événement « final » et l’action nécessaire au démarrage.

En revanche, si je ne suis pas à quelques jours près, pour l’appeler, je vais alors noter l’action « Appeler Marie-Claire » sur mon cahier d’actions.

Avantage de cette technique: les choses ne sont notées qu’une seule fois et à un seul endroit (cahier ou agenda)

Inconvénient: réfléchir en termes d’action et relire tous les jours agenda et cahier (discipline!)

Conclusion: je suis partiale,  cette technique est précisément celle que je recommande dans mes formations et dans Apprendre à s’organiser, c’est facile

 

 

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On s’allège le quotidien

« Penser à tout, tout le temps, pour les autres, c’est épuisant. Conseils et astuces de pros pour mieux anticiper, impliquer et déléguer sans culpabiliser! » . A lire l’article d’ Isabelle Soing dans le numéro de novembre d’Avantages.

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Les perfectionnistes parlent aux perfectionnistes. Je répète…

Compagnons perfectionnistes, laissez-moi vous aider à mater votre procrastination. Allons bon, vous dites-vous en souriant (parce que vous êtes indulgents, je le sais bien), voilà la dame du blog qui se (re)met à prêcher.

Je voudrais en effet vous parler de perfection. Ah, la recherche de la perfection! Ce nirvana vers lequel vous et moi, chers compagnons de misère, tendons inlassablement sans jamais y arriver… Décortiquons-le donc ensemble, ce graal. Pourquoi? A cause de ce qu’il nous fait faire. Et de ce qu’il nous empêche de faire.

Si vous n’êtes pas perfectionniste, vous pouvez zapper cet article. Il y en a d’autres, très bien aussi, sur ce blog. Tiens, par exemple, celui-là.

Mais comment tu me parles?

Un perfectionniste, comme tout un chacun, se parle, dans sa tête. Il s’encourage (peu), se stimule (beaucoup), s’enguirlande (passionnément). Il s’enjoint à faire plus d’effort, à persévérer, à aller jusqu’au bout. Même si « le bout » n’est pas toujours très clair .

Plus fort, plus haut, plus loin, mieux: ça, c’est le monde du perfectionniste.

Donc, il se parle à lui -même, dans les termes qu’un coach sportif des pays de l’est ne répugnerait pas à utiliser.  C’est-à-dire non pas forcément en hongrois ni en polonais, mais pas gentiment, en tout cas.

Voici les termes qu’un bon perfectionniste emploie volontiers:

  • tout. Comme dans « je dois ranger (tout) mon garage »
  • en une seule fois. Comme dans « je dois ranger tout mon garage (en une seule fois) »
  • parfaitement. Comme dans « je dois ranger (parfaitement) tout mon garage en une seule fois ».

Eh bien quoi, Laurence, où est le problème?

Mais quel problème?

LES problèmes, cher perfectionniste.

Les voici:

  1. Personne – j’insiste: absolument personne – ne vous a demandé de transformer  cette simple intention : »je dois ranger mon garage » en « je dois ranger parfaitement tout mon garage en une seule fois ». Donc, vous n’êtes pas obligé de vous mettre une telle pression. D’ailleurs, j’aime autant vous le dire, personne ne vous donnera de médaille si vous y arrivez. Tout le monde s’en moque que vous finissiez épuisé parce que vous avez voulu trop en faire.
    Oh, je sais, vous considérez que si ce n’est pas pour faire parfait et complet, du premier coup, ce n’est même pas la peine de commencer.
    D’où le problème N°2.
  2. Ranger le garage, parfaitement et en une seule fois, demande:
    1. du temps (que vous n’avez pas)
    2. des boîtes comme ci et comme ça (que vous n’avez ni le temps ni l’envie de mesurer à l’avance)
    3. des décisions à prendre (je jette/ je garde/ j’emporte à la déchetterie/je garde pour mes enfants/je garde pour bricoler…)
  3. Il faut donc, d’après vous, que toutes les conditions ci-dessus soient réunies, les planètes alignées dans le bon ordre, les boîtes prêtes, l’énergie au top pour pouvoir prendre à bras-le-corps ce fichu projet de rangement de garage, du début à la fin, en une seule session.
  4. Comme ça n’arrive jamais, un tel concours de circonstance….devinez ce qu’il se passe? Comme vous ne vous autorisez pas à « laisser les choses en plan », comme vous pensez que que s’interrompre, c’est « ni fait ni à faire »….
  5. Vous ne rangez pas le garage. Et ça dure depuis 6 ans.

Vous venez donc de découvrir que votre perfectionnisme est la cause de votre procrastination. Et, horreur, qu’il s’applique dans votre vie privée et professionnelle (présentation Powerpoint, mise à jour d’un CV ou saisie de notes de frais, vous êtes là?).

C’est râlant, hein, quand on sait à quel point vous êtes capable de grandes choses. Et pire, se faire accuser de bordélisme alors qu’on rêve de perfection, quelle injustice!

Mais alors, que faire? Saucisson et dialogue intérieur

Vous vous souvenez de la fois où nous sommes partis pique-niquer tous ensemble? La technique du saucisson est l’une des meilleures astuces que je connaisse pour calmer le perfectionnisme procrastinateur. Vous pouvez m’en croire, je suis tous les jours obligée de me l’appliquer à moi-même*.

Souvenez-vous que « commencer » ne veut pas dire « finir dans la foulée ». Au contraire, délectez-vous des termes suivants: débuter – poursuivre – continuer – reprendre – commencer à en voir la fin – finir. Voire, pour le plaisir, mais seulement à la fin: perfectionner – fignoler.

Répétez-vous en boucle:  commencer est toujours mieux que ne rien faire (1 est supérieur à 0, si vous voyez ce que je veux dire).

En plus de ça, à chaque fois que vous vous prendrez en flagrant délit d’utiliser mentalement les mots tout/nickel/parfait/en une seule fois dans la même phrase, demandez-vous si quelqu’un vous force à raisonner ainsi. Pas de couteau sous la gorge, de menaces de morts, d’apocalypse en vue? Relax, alors. Une tranche de saucisson suffira bien pour aujourd’hui. Ou deux, allez, parce que c’est vous.

*Bon, sauf pour l’écriture de cet article, bien entendu. Et le ménage, ça va de soi. C’est comme mon repassage, maintenant que j’y pense… vous voyez, quelques zones de perfectionnisme font du bien aux gens comme nous.

Quelques autres court-circuits à procrastination:

https://sorganiser-facile.com/2010/08/16/piece-tres-tres-encombree-par-quoi-commencer/

https://sorganiser-facile.com/2011/03/25/desordre-procrastination-2-minutes/

 

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A la rentrée, s’organiser c’est (encore plus) facile

Pour préparer la rentrée, j’ai quelques nouvelles à vous annoncer:

A la radio

Ma co-auteure Stéphanie et moi sommes invitées à l’émission de Sophie Nouaille sur Radio Notre Dame, en direct,  demain mercredi 30 août, de 9h à 10h.

Plus radiophoniques que nous, ça se peut pas. Enfin, je parle pour Stéphanie, qui a davantage l’habitude que moi…

Dans les librairies

« Le Grand Livre pour s’organiser » devient « Apprendre à s’organiser, c’est facile!« , tout beau, tout « relooké », comme on dit chez Eyrolles. En voici la couverture:

Apprendre à s'organiser c'est facile

On sent bien que cette jeune femme a besoin de ce guide, non? Notez toutefois que les conseils qu’il contient conviennent à tous les âges et tous les sexes, à l’école, au travail et à la maison. Et que, grâce à notre méthode, vous n’aurez plus jamais besoin de notes adhésives (sauf si ça vous fait plaisir, bien entendu).

En live

Le programme d’ateliers à la médiathèque François Mitterrand des Ulis (91) reprend et ça m’enchante.

On va pouvoir faire connaissance (ou se revoir pour certains d’entre vous).

J’y anime:

« Convaincre en deux minutes grâce au mind mapping »

samedi 23 septembre, de 11h00 à 12h30.

C’est gratuit, l’entrée est libre, la médiathèque fournit le matériel.

 

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La mère de toutes les FBI

Je me demande si je n’aurais pas trouvé la mère de toutes les FBI*: voir trop petit dans ses rangements. Exemple en images.

Il s’agit d’une chambre d’adultes, sans placard intégré; Madame aime les jolies choses (vêtements, bijoux). On emménage dans cet appartement bien sympathique et bien éclairé (et furieusement scandinave. Très très blanc). Voici le système trouvé pour le rangement des vêtements de Madame:

fbi-petite-armoire-1

C’est joli, on est d’accord. Oui, mais, au bout de quelque temps, regardez ce qu’il se passe:

fbi-petite-armoire

Aïe. Bourrée, l’armoire. Fripés, les jolis vêtements. Griffés par les cintres en métal. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est le bazar (photo oblige) mais la recherche de tenues le matin doit être un peu compliquée…

Si Madame avait réalisé qu’elle collectionnait les jolies choses, elle aurait anticipé et acheté une armoire plus haute dans laquelle elle aurait pu loger 2 tringles: celle du haut pour les vêtements courts, celle du bas pour les vêtements plus longs, par exemple.

A retenir: prévoyez toujours 30% d’espace en plus que ce dont vous pensez avoir besoin et, lorsque vous achetez des meubles de rangement, montez le plus haut possible vers le plafond.

* FBI: Fausse Bonne Idée

 

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