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Comment trop planifier vous fait perdre du temps

Et si planifier notre temps de façon trop rigide nous donnait la perception paradoxale que nous en avons moins?

Je suis sûre que vous avez vécu cette situation: il est 14h45 et votre prochaine réunion est à 15h30.

Votre perception du temps entre 14h45 et 15h30 va vous faire croire que ce temps est de moins en moins suffisant pour faire une tâche donnée qui demanderait de la concentration (mettons «  »vous occuper du dossier X »). Surtout si vous vous êtes dit « Pour faire ça, j’ai au moins besoin d’une heure« .

Tout se passe comme si le temps rétrécissait au fur et à mesure qu’on approche de l’heure limite.

En fait, notre vision du temps est déformée parce que notre perception de celui-ci n’est pas linéaire. Par exemple, 10 minutes d’attente dans une salle d’attente chez le médecin peuvent paraître interminables par comparaison avec 10 minutes passées à jouer à EcraseBonbons.

En conséquence, vous aurez tendance à bourrer le temps entre 14h45 et 15h30 d’une multitude de tâches pas forcément significatives (aller voir votre messagerie à chaque notification me semble une bonne illustration) parce que vous avez qualifié ces trois quart d’heures « d’insuffisants pour vous occuper du dossier X ». Et qui va se retrouver à devoir péniblement faire la tâche Dossier X à haute concentration, à l’issue de la réunion, après 17h00, fatigué(e) de sa longue journée?

Mais, me direz-vous, quelle est la solution, si j’ai tendance à tout vouloir planifier pour ne rien oublier et respecter les dates-limite? Ce sera le sujet de mon prochain article (OK, un peu de teasing n’a jamais tué personne).

Photo Agê Barros via Unsplash

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Il faut que je me bloque du temps pour …

C’est ce que l’on me répond souvent, en formation, lorsque je demande « si vous deviez vous y mettre là, maintenant, à ce projet, que feriez-vous?  » Or, si cela semble logique, « se bloquer du temps pour faire… » est peut-être une erreur.

Je vais tenter de vous en convaincre.

Si vous considérez vos journées comme une succession de « blocs de temps » à remplir, cela signifie que:

1– Vous croyez que votre niveau d’énergie est constant et que vous pourrez caser cette tâche, n’importe quand dans les trous que vous laissent les périodes contraintes (réunions, rendez-vous…).

Or, c’est faux. Si vous êtes « du matin », vous arrivez à vous concentrer vite et bien… le matin. Et, évidemment, c’est le contraire pour les personnes de « l’après-midi/soir ».

Autrement dit, se bloquer du temps l’après-midi pour un travail de réflexion, par exemple, est une mauvaise idée si vous êtes « du matin »: vous traînerez à vous y mettre, vous y passerez plus de temps, le résultat risque d’être moins bon.

2– Vous croyez que rien ni personne ne viendra vous déranger pendant ce créneau bien bloqué. Même pas vous-même. Ah bon?

Nous nous sommes tous faits avoir, au moins une fois, lorsque nos savantes planifications ont volé en éclat à cause d’un client, d’un collègue, d’un manager, d’un enfant… voire de notre propre cerveau récalcitrant. Procrastination, vous dites?

3– Vous croyez que tout devrait être planifié, même les tâches de loisir. Permettez-moi, à ce sujet, de vous raconter l’histoire des cookies de l’Ohio.

Selin Malkoc, professeur de marketing au Fisher College of Business de l’université de l’Ohio l’a mise au point.

Elle installe un stand sur le campus et distribue des bons aux étudiants leur offrant un cookie gratuit.

Aux uns, elle donne un créneau horaire large pour aller récupérer le cookie (entre 18h00 et 20h00) et à d’autres, elle explique que, pour des raisons évidentes de fabrication et de livraison, il faut qu’ils indiquent une heure précise à laquelle ils pensent aller chercher leur cookie.

Puis on leur fait passer un questionnaire évaluant, entre autres, leur satisfaction. Si les étudiants qui ont indiqué une heure précise ont montré une plus grande probabilité de venir, ceux qui n’avaient pas de contrainte de temps auto-imposée ont répondu avoir éprouvé 18% de plaisir en plus à la dégustation de leur cookie.

Qu’en penser, me direz-vous (en dehors du fait que les étudiants restent une matière première dont on ne saurait se passer pour les études psychologiques)?

Eh bien, que la planification des activités de loisirs les prive de leur charme: la spontanéité, par exemple.

Sur le même thème, la recherche montre que planifier de façon excessive notre temps nous donne l’impression… que nous en avons moins! Ce sera le sujet d’un prochain article.

Photo Aron Visuals via Unsplash

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