Archives de Tag: minimalisme

Question des lecteurs: oser se débarrasser d’un objet (de valeur)?

Isabelle me dit  » Je consulte votre blog depuis plusieurs mois déjà. Je suis quelqu’un de très organisée et j’aime que chaque chose soit à sa place. Depuis plusieurs mois également, je me penche vers le minimalisme et j’aurais deux questions à vous soumettre. J’ai reçu en cadeau lors de mon mariage un service à vaisselle que je n’utilise quasiment plus (étant divorcée dorénavant) et ne recevant pas 25 personnes dans mon appartement, je n’en ai plus vraiment l’utilité… Sauf que m’en séparer reste un peu difficile … Est-ce parce que j’en connais la valeur financière ? Le vendre ne me rapporterait pas grand chose, c’est ce que je me dis et donc je garde… »

Est-ce une bonne décision de conserver un objet (ou un groupe d’objets) dont on ne se sert pas, au motif qu’il a coûté cher et qu’on ne récupérerait pas sa valeur en le vendant?
J’ai tendance à considérer que cette conservation inutile est, en quelque sorte, du gâchis:

  • gâchis d’espace
    Qui a envie de confondre « home sweet home » et entrepôt de stockage?* Pourquoi payer des m2 utilisés uniquement par des objets?
  • gâchis sentimental
    A chaque fois que je le vois, je me fais du souci au sujet du passé, de l’avenir, du débouché potentiel de l’objet…  je n’arrive pas à me décider et cela m’exaspère;
  • gâchis « solidaire »
    Cette vaisselle, qui ne me fait même plus plaisir, rendrait certainement heureuse une autre femme ayant moins de moyens financiers que moi;
  •  gâchis financier
    Même si vous ne récupérez pas sa valeur (ce qui est valable pour tous les objets que l’on acquiert, de toute façon), le montant que cette vaisselle représente n’est pas sur votre compte en banque, là où il serait sûrement utile;
  • gâchis financier + entretien d’illusion
    Plus vous gardez quelque chose, plus ceci perd de la valeur parce que, en vaisselle comme dans d’autres domaines, il y a des modes et que la mode met environ 30 ans à « revenir ». Voulez-vous stocker votre service pendant si longtemps?

*mais il est vrai qu’en province, cette préoccupation d’optimisation de l’espace est peut-être moins présente qu’en région parisienne, coûts d’habitation obligent.

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333: j’ai relevé le défi

J’ai longtemps hésité à vous faire part de cette expérience.  En fait, tout le temps qu’elle a duré, je n’en ai parlé à personne. Je voulais d’abord voir ce que ça donnerait. Et comme, d’une certaine façon, ça a fonctionné, je vais partager avec vous ma participation à ce défi.

J’en ai d’abord entendu parler via Courtney Carver.

Je reprends ici les règles du jeu:

Pendant les 3 prochains mois, vous choisissez de porter 33 « pièces d’habillement », c’est-à-dire que ce chiffre de 33 inclut vêtements proprement dits (robes, vestes, jupes, pantalons, combinaisons…), mais aussi chaussures, bottes, sacs, bijoux, manteaux, chapeaux, gants, foulards, écharpes.

Ne sont pas inclus: votre alliance puisque vous la portez toujours si vous êtes marié(e), les sous-vêtements, chaussettes et collants, les vêtements de nuit, les vêtements de bricolage, les vêtements de sport que vous ne portez que pendant vos activités sportives.

D’où le nom 333: 33 pièces pendant 3 mois.

Si vous êtes amené(e) à faire entrer un vêtement ou accessoire de plus, un autre doit sortir de votre sélection.

Tout ce que vous n’avez pas choisi est éloigné de vous: autre tringle, carton, au fond des étagères…

On fait plusieurs hypothèses au départ de ce défi.

  • nous avons beaucoup de vêtements. Plus que ne pouvons porter, plus que simplement nécessaire
  • nous ne les apprécions pas vraiment
  • nous ne savons plus nous satisfaire de ce que nous avons: il nous faut toujours plus
  • nous portons peut-être trop d’intérêt à notre tenue, alors que le reste du monde s’en moque, trop occupé à se regarder lui-même le nombril
  • nous pouvons nous entraîner sans douleur sur ce matériau, avant, peut-être, de réaliser que nous pouvons très bien vivre avec moins d’objets, dans toutes les zones de notre vie.

A la lecture du défi, les premières réactions sont souvent: « je n’y arriverai pas », « ce n’est pas pour moi », « j’aime trop ma garde-robe pour me restreindre volontairement », « je ne vois pas ce que j’aurai à y gagner ».

J’ai voulu vérifier les hypothèses de départ par moi-même. Et j’ai éprouvé les réactions ci-dessus, comme on pouvait l’imaginer.

Mais je suis du genre à aimer relever les défis.

Je me suis lancée sur une période du 18 novembre au 18 février, avec l’idée de prendre des notes au fur et à mesure et d’en parler avec vous à la fin du défi.

Voici ma sélection finale, après quelques essais et erreurs:

– 2 paires de bottes (plates et à talon)

– 1 paire de derbies

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– 3 écharpes

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– 2 pulls à col roulé

– 4 pulls col V

– 2 paires de gants

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– 1 jegging

-1 jean

– 2 pantalons

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– 2 chemisiers à motif

– 1 pull/chemisier

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– 3 chemisiers crème en soie

-1 chemisier rose en soie

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– 1 robe pull

– 1 fond de robe

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2 jupes

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Ainsi, si vous m’avez croisée entre le 18 novembre 2013 et le 18 février 2014, vous m’avez vue habillée avec une combinaison des 33 pièces ci-dessus (il y avait aussi un bonnet et 2 manteaux, que je n’ai pas pris en photo).

Je vous raconterai comment ça s’est passé dans les articles à venir.

Alors, vous vous imaginez faire la même chose? Essayer mais avec plus (ou moins) de vêtements? Vous ne le sentez pas? Dites-nous en commentaire ce que vous en pensez.

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La petite maison (prairie facultative)

Quand j’étais petite, j’étais fascinée par les caravanes. J’admirais cet aménagement astucieux de l’espace en miniature.

Je me souviens d’une visite familiale à un salon du camping où je crois bien avoir visité toutes les caravanes, dont j’ai consciencieusement ouvert et refermé chaque placard.

Je sais, c’est bizarre. Pire, cet amour des espaces restreints aménagés au plus juste m’est resté. Et je salive sur ceci:

petite maison 1

petite maison 2

via scandinavian retreat

petite maison 5

Mais pas du tout sur celle-ci, évidemment:

petite maison 6

Et vous,  seriez-vous plutôt tenté par des habitations plus opulentes, dans ce genre-là?

domaine

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Le rôle des parents dans notre rapport aux objets

Trois-generationsLorsque je travaille avec des personnes à leur domicile,  on évoque bien sûr leur vie, leur famille.

Tous ceux qui éprouvent des difficultés à se débarrasser des choses me parlent de l’un ou l’autre de leurs parents: « et encore, Laurence, ici ce n’est rien. Si vous voyiez chez Maman » ou « mon père ne jette jamais rien, je me demande si je tiens de lui ».

Nos comportements vis-à-vis des objets sont bien hérités de nos parents.

Mais il y a plus étrange. J’assiste à de vrais transferts de comportement, d’une génération à l’autre, certes, mais aussi d ‘un type d’objets à un autre.

Exemples:

1- Maman est une « collectionneuse » d’objets. En réaction, moi, je suis devenu(e) assez minimaliste mais… j’accumule les « informations » . Comme si je DEVAIS absolument retenir tout ce qui passe à ma portée.

Alors, j’ai des notes plein mes cahiers et je suis dans la quête permanente de l’outil informatique magique qui me permettra de remettre la main sur toutes les informations que j’ai trouvé « intéressantes » à un moment ou un autre.
Laurence, vous croyez que je devrais m’acheter un scanner super puissant? Et Evernote, c’est comment?

2- Papa ne jette rien, moi je n’ai pas de problème avec ça… sauf avec les papiers.

Leur simple vue (et ce à quoi je les lie: corvées administratives, souvenirs, qu’importe) me fait soupirer de découragement. Parce que je SAIS qu’il FAUT que j’en prenne soin, que je m’en occupe. Mais je les déteste. Alors je les entasse. Ils sont là, d’accord, mais je les néglige. Je les trouve encombrants, pesants, gênants.
Laurence, c’est quoi la technique pour les faire disparaître tout en ayant bonne conscience?

Nous l’avions évoquée ici, cette notion « d’héritage ». Je serais curieuse de savoir si vous aussi, vous avez repéré ce glissement de l’accumulation d’un genre d’objets à un autre (jolies images chez votre maman/ matériel de scrapbooking chez vous. Livres chez votre papa/marque-pages internet innombrables chez vous …).

Et à la génération suivante, ça se passera comment? Ca dépend de vous.

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