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Techniques anti-procrastination: N°6 La fusée

Comment lutter contre la procrastination lorsqu’on en a fait une sorte d’art de vivre?

Dans votre monde, rendre un travail le 24 revient à le démarrer le… 24. Bon, OK, le 23 au soir. Tard. Le plus tard possible.

En quelque sorte, votre équation à vous, c’est:

date de démarrage= date de fin.

Jusqu’à présent, comme Florence Foresti dans ce sketch où elle a du mal à arriver à l’heure au boulot, vous pensiez: « j’ai jusqu’au 24? J’suis large! » ou « oh, c’est bon: j’ai jusqu’au 24 pour le faire ».

Or cela vous joue des tours

  • vous passez plus de temps à vous demander comment échapper élégamment à la date-limite qu’à travailler effectivement
  • il vous arrive de bâcler le travail, à votre grande honte
  • vous sortez épuisé(e) de vos nuits frénétiques à « bosser »

Il vous faut une fusée.Je veux dire, penser comme si vous étiez la personne qui déclenche la fusée. Vous savez: 10-9-8-7-6-5-4-3-2-1- feu!

Il est temps de mettre en place un compte à rebours réaliste pour ces fichues tâches qui vous embêtent tellement et qui ont une date-limite.

Pour ce faire, nous allons opérer un petit changement de paradigme, de façon à voir les choses différemment:

  • d’abord, réfléchissez à la plus petite chose que vous accepteriez de faire pour avancer vers le moment fatidique. La plus petite. Et faites-la. Juste elle. Il s’agit de transformer ce « j’ai jusqu’au ….. » en « qu’est-ce que je peux au moins faire pour respecter cette date-limite. »
  • puis réfléchissez à un compte à rebours réaliste. Réfléchissez agenda en main.  Exemple: « il faut que j’aie fait telle partie à telle date. Puis la suivante à tel moment. Puis celle d’après avant samedi parce que (remplissez les blancs). Pensez à bien tenir compte de vos vraies contraintes.

Donc, ça donne:

J’ai une date-limite à respecter

  1. je me demande ce que je peux au moins faire
  2. je le fais; c’est tout petit, alors…
  3. je réfléchis à un rétro-planning réaliste (je le note sur mon agenda si je veux)
  4. après la première petite action, je me récompense
  5. entre chaque étape réussie de mon compte à rebours, je me récompense
  6. je finis dans les temps sans stress inutile
  7. je me re-récompense, car c’est la première fois que j’arrive à faire ça.

Vous trouvez qu’on se récompense beaucoup pour obtenir ce qui est, finalement, la moindre des choses? D’abord, j’aime les récompenses… et vous aussi, pas vrai? De plus, si vous procrastinez, vous êtes déjà bien assez exigeant(e) envers vous, si si, je vous assure. Allez quoi, faites-vous plaisir! Mais faites-le exprès, pas furtivement (avec mauvaise conscience) comme d’habitude.

Essayer d’autres techniques.

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Techniques anti-procrastination: N°4 La clef au bras

Aujourd’hui, 4ème technique pour lutter contre notre tendance à procrastiner, repousser à plus tard, reporter à demain, ajourner, atermoyer…bref.  Vous trouverez les techniques 1,2 et 3 et le début de cette série ICI.

La « Clef au bras »? De quoi s’agit-il? Laurence va-t-elle nous initier à une prise de catch (déjà qu’elle parle de nous entraîner genre GI…) vous demandez-vous perplexe. Eh bien non, amis sportifs. La Clef au bras, c’est ça:

  • je procrastine toujours la même chose mais j’ai envie que ça s’arrête parce que les inconvénients s’accumulent
  • je m’engage auprès de gens que j’aime bien
  • je me sens tenu(e) de respecter cet engagement
  • je fais la tâche en question

Ah, ah, vous entends-je rigoler, elle est bien bonne. Apprenez, madame, que je suis expert(e) en excuses et faux-fuyants en tout genre. S’il suffisait que je promette un truc pour le tenir…

D’accord.

Prenons l’approche Weight Watchers, par exemple. Ce n’est pas juste des techniques diététiques et des ‘tites médailles si on fait bien. Il s’agit surtout de groupes de soutien et de rendez-vous réguliers. D’une réunion à l’autre, vous prenez des engagements et vous vous sentez motivé(e) pour les tenir parce que c’est VOUS qui les avez émis… devant témoins.

C’est l’idée de la Clef au bras.

Imaginons que j’aie le garage à ranger. Berk (et en plus, y’a des araignées!).

J’ai beau être d’accord qu’il FAUT le ranger, imaginer le temps que ça va me prendre, les tas de cartons qu’il faudra manipuler et tout le reste… fuyons!

Mais je ne vis pas seule. Mon conjoint me relance gentiment, à intervalle régulier. Même avec humour, ça m’agace. Un jour, à froid, un peu par défi, j’annonce:

  • Moi: C’est décidé, je démarre le rangement du garage samedi.
  • Lui: Bonne idée ma chérie (j’aime quand il me parle comme ça). Mais euh… samedi à quelle heure?
  • Moi (sur la défensive, déjà) : je ne sais pas encore, je verrai.
  • Lui (qui me connaît bien): ce serait plus facile de savoir à quelle heure tu démarres pour qu’on puisse caler une séance de shopping/cinéma/tête-à-tête galant…
  • Moi (réticente mais attirée par la perspective): disons, à 10h30?
  • Lui (me connaît trop bien, cet homme-là): mais, le samedi à 10h30, c’est pas un peu trop tôt pour toi?
  • Moi (coincée mais amusée): bon, OK, à 11h00, samedi.

Voilà. je me suis laissée volontairement piégée (Clef au bras) en m’engageant auprès de quelqu’un que j’aime et que j’ai à coeur de ne pas décevoir.

L’astuce: il faut bien se focaliser sur le moment du démarrage (samedi à 11h00). Pas sur le but en général (garage rangé au cordeau). Je pourrai alors décider si je range de 11h00 à 11h05, puis 11h10, puis… (plan de 5 minutes) ou si je range la première étagère seulement (saucisson).

Je vous ai montré ce que ça donne à deux. Mais on peut très bien se faire une Clef au bras tout seul (amusant, non?).

Exemple de dialogue intérieur:

  • certes, je ne veux pas m’occuper du courrier maintenant, mais alors quand?
  • quand j’aurai le temps
  • voyons, c’est un peu flou, ça, non?
  • je m’en occuperai ce week-end
  • à quel moment précisément?
  • Enoncé de la Clef au bras (moment précis où je vais démarrer la tâche)
  • accord entre moi et moi-même ( à bien formuler pour ne pas être tenté de renégocier encore et encore)

A chaque fois que vous parviendrez à transformer ce qui ressemble à une contrainte subie (« faut que je range ce fichu garage parce qu’il y a des acheteurs qui viennent visiter la maison ») en choix volontaire (« puisqu’il faudra que je le range, de toute façon, je préfère démarrer quand ça m’arrange, à savoir samedi à 11h00 »), votre tendance à procrastiner disparaîtra et vous n’aurez plus besoin d’aller d’évitement en évitement.

Encore une technique à expérimenter, ne serait-ce que pour prendre conscience de notre dialogue intérieur dès lors qu’il s’agit de repousser à plus tard.

Ca va, vous tenez le coup? parce que cette série sur la procrastination n’est pas finie…elle continue .

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