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Les perfectionnistes parlent aux perfectionnistes. Je répète…

Compagnons perfectionnistes, laissez-moi vous aider à mater votre procrastination. Allons bon, vous dites-vous en souriant (parce que vous êtes indulgents, je le sais bien), voilà la dame du blog qui se (re)met à prêcher.

Je voudrais en effet vous parler de perfection. Ah, la recherche de la perfection! Ce nirvana vers lequel vous et moi, chers compagnons de misère, tendons inlassablement sans jamais y arriver… Décortiquons-le donc ensemble, ce graal. Pourquoi? A cause de ce qu’il nous fait faire. Et de ce qu’il nous empêche de faire.

Si vous n’êtes pas perfectionniste, vous pouvez zapper cet article. Il y en a d’autres, très bien aussi, sur ce blog. Tiens, par exemple, celui-là.

Mais comment tu me parles?

Un perfectionniste, comme tout un chacun, se parle, dans sa tête. Il s’encourage (peu), se stimule (beaucoup), s’enguirlande (passionnément). Il s’enjoint à faire plus d’effort, à persévérer, à aller jusqu’au bout. Même si « le bout » n’est pas toujours très clair .

Plus fort, plus haut, plus loin, mieux: ça, c’est le monde du perfectionniste.

Donc, il se parle à lui -même, dans les termes qu’un coach sportif des pays de l’est ne répugnerait pas à utiliser.  C’est-à-dire non pas forcément en hongrois ni en polonais, mais pas gentiment, en tout cas.

Voici les termes qu’un bon perfectionniste emploie volontiers:

  • tout. Comme dans « je dois ranger (tout) mon garage »
  • en une seule fois. Comme dans « je dois ranger tout mon garage (en une seule fois) »
  • parfaitement. Comme dans « je dois ranger (parfaitement) tout mon garage en une seule fois ».

Eh bien quoi, Laurence, où est le problème?

Mais quel problème?

LES problèmes, cher perfectionniste.

Les voici:

  1. Personne – j’insiste: absolument personne – ne vous a demandé de transformer  cette simple intention : »je dois ranger mon garage » en « je dois ranger parfaitement tout mon garage en une seule fois ». Donc, vous n’êtes pas obligé de vous mettre une telle pression. D’ailleurs, j’aime autant vous le dire, personne ne vous donnera de médaille si vous y arrivez. Tout le monde s’en moque que vous finissiez épuisé parce que vous avez voulu trop en faire.
    Oh, je sais, vous considérez que si ce n’est pas pour faire parfait et complet, du premier coup, ce n’est même pas la peine de commencer.
    D’où le problème N°2.
  2. Ranger le garage, parfaitement et en une seule fois, demande:
    1. du temps (que vous n’avez pas)
    2. des boîtes comme ci et comme ça (que vous n’avez ni le temps ni l’envie de mesurer à l’avance)
    3. des décisions à prendre (je jette/ je garde/ j’emporte à la déchetterie/je garde pour mes enfants/je garde pour bricoler…)
  3. Il faut donc, d’après vous, que toutes les conditions ci-dessus soient réunies, les planètes alignées dans le bon ordre, les boîtes prêtes, l’énergie au top pour pouvoir prendre à bras-le-corps ce fichu projet de rangement de garage, du début à la fin, en une seule session.
  4. Comme ça n’arrive jamais, un tel concours de circonstance….devinez ce qu’il se passe? Comme vous ne vous autorisez pas à « laisser les choses en plan », comme vous pensez que que s’interrompre, c’est « ni fait ni à faire »….
  5. Vous ne rangez pas le garage. Et ça dure depuis 6 ans.

Vous venez donc de découvrir que votre perfectionnisme est la cause de votre procrastination. Et, horreur, qu’il s’applique dans votre vie privée et professionnelle (présentation Powerpoint, mise à jour d’un CV ou saisie de notes de frais, vous êtes là?).

C’est râlant, hein, quand on sait à quel point vous êtes capable de grandes choses. Et pire, se faire accuser de bordélisme alors qu’on rêve de perfection, quelle injustice!

Mais alors, que faire? Saucisson et dialogue intérieur

Vous vous souvenez de la fois où nous sommes partis pique-niquer tous ensemble? La technique du saucisson est l’une des meilleures astuces que je connaisse pour calmer le perfectionnisme procrastinateur. Vous pouvez m’en croire, je suis tous les jours obligée de me l’appliquer à moi-même*.

Souvenez-vous que « commencer » ne veut pas dire « finir dans la foulée ». Au contraire, délectez-vous des termes suivants: débuter – poursuivre – continuer – reprendre – commencer à en voir la fin – finir. Voire, pour le plaisir, mais seulement à la fin: perfectionner – fignoler.

Répétez-vous en boucle:  commencer est toujours mieux que ne rien faire (1 est supérieur à 0, si vous voyez ce que je veux dire).

En plus de ça, à chaque fois que vous vous prendrez en flagrant délit d’utiliser mentalement les mots tout/nickel/parfait/en une seule fois dans la même phrase, demandez-vous si quelqu’un vous force à raisonner ainsi. Pas de couteau sous la gorge, de menaces de morts, d’apocalypse en vue? Relax, alors. Une tranche de saucisson suffira bien pour aujourd’hui. Ou deux, allez, parce que c’est vous.

*Bon, sauf pour l’écriture de cet article, bien entendu. Et le ménage, ça va de soi. C’est comme mon repassage, maintenant que j’y pense… vous voyez, quelques zones de perfectionnisme font du bien aux gens comme nous.

Quelques autres court-circuits à procrastination:

https://sorganiser-facile.com/2010/08/16/piece-tres-tres-encombree-par-quoi-commencer/

https://sorganiser-facile.com/2011/03/25/desordre-procrastination-2-minutes/

 

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Quand votre « bordélisme » vous coûte votre job

bureau paperasseJe commente rarement l’actualité, parce que ce n’est pas l’objet de ce blog.

Voici cependant l’exception.

Je lis sur le Monde.fr:

« « J’ai toujours été bordélique dans ma vie privée, tous ceux qui me connaissent le savent, mais je n’ai jamais été malhonnête. Seulement, j’ai une phobie administrative… », a déclaré Thomas Thévenoud, député, au Canard enchaîné, lundi 8 septembre.

Les amis de longue date de Thomas Thévenoud se souviennent d’avoir vu, quand il était jeune militant, des paquets de factures encore fermées dans sa voiture et des PV pliés en vrac entre les dossiers.

Il est arrivé que l’eau de son local soit coupée, pour cause d’impayés. « Ecoute, c’est simple, j’ai toujours détesté la paperasse. Je n’ouvre pas les enveloppes… », avait-il lâché un jour …

Depuis le passage éclair de Thomas Thévenoud au gouvernement, les révélations s’enchaînent : jeudi 4 septembre, on apprend d’abord que le couple a fait l’objet d’une procédure de recouvrement forcé, devant 12 593 euros de pénalités au fisc.

Puis Le Canard enchaîné détaille que les Thévenoud ont omis de payer leur loyer pendant trois ans. Jusqu’au kinésithérapeute de leurs filles, qui a dû recourir à un huissier pour obtenir le paiement de deux années de soins non réglés, raconte, jeudi 11 septembre, Le Bien public. »

Cette « phobie administrative » n’est rien d’autre que de la procrastination (tendance à repousser à plus tard). Souffrez-vous, vous aussi, de ce type particulier de procrastination aux conséquences douloureuses? Vous pouvez témoigner sans tabou dans les commentaires, car je sais que ce couple n’est pas le seul à détester la paperasse…

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Le couperet de la date-limite: motivation ou perversion?

date limite1Je ne compte plus les fois où on me dit:

  • je rêvais d’être à mon compte. Et maintenant que j’y suis, pas moyen de me mettre au boulot. Je ne travaille que si j’ai une date-limite de rendu.
  • « le ménage, ce n’est pas mon fort. J’attends qu’une visite se dessine à l’horizon pour envisager de sortir chiffon et aspirateur.
  • « les régimes, je n’en fais que si je suis motivée par une date-limite:  la perspective de la plage, par exemple. Le reste du temps, je dévore.

Laurence, on a bien lu votre article sur comment se motiver (ça me fait plaisir de voir que ce blog vous sert à quelque chose). Mais, au fond, pourquoi avons-nous tout le temps besoin de contraintes extérieures à nous pour nous mettre en branle? »

Je crois qu’il s’agit d’un manque de confiance en vous. Vous ne croyez pas que vous êtes capable de réussir tout(e) seul(e). C’est comme si vous aviez plus confiance dans le reste du monde pour vous mettre au travail que dans vous-même.

Eux (votre belle-mère, vos clients, voire les gens sur la plage!), ils savent ce qu’ils veulent: du coup, vous n’avez pas le choix. Vous les craignez. Pour eux, « ça vaut la peine ».

Ah bon? Et pas pour vous? Vous ne méritez pas un intérieur propret, un job gratifiant et qui rapporte, de jolis maillots de bain?

A chaque fois que vous vous reposez sur des contraintes extérieures pour vous pousser à faire quelque chose,

1-  vous allez essayer de repousser jusqu’à ne plus avoir le choix ce qui vous « force » à faire les choses au dernier moment.  Vous voyez comment la procrastination s’entretient ainsi?

2- vous entretenez des rapports disons… ambigus avec les personnes qui incarnent la contrainte: votre belle-mère, quelle maniaque!; ce client, quel râleur!; les vacanciers sur la plage, quelle horreur! etc…
Certains vont même jusqu’à éviter certaines personnes pour ne plus être confronté à la situation désagréable qu’elles représentent.

3- vous perdez une occasion de trouver en vous-même une motivation, intérieure celle-là. C’est dommage,  parce que toutes les personnes qui réussissent ce qu’elles entreprennent disent la même chose: « un jour, j’ai compris que je faisais ça pour moi. Du coup, ça ne me pèse plus ».

A retenir de cet article: peut-être faudrait-il désormais songer plus à vous, comme force motrice, qu’aux autres? Peut-être faudrait-il donner plus de poids à ce qui va vous satisfaire sur le long terme qu’à cette fichue date-limite qui vous pend au nez? Je vous laisse méditer sur ce sujet de rentrée…

  • Si la tendance à repousser à plus tard vous empoisonne la vie, tapez « procrastiner » dans le moteur de recherche, en haut à droite de la page et découvrez tout ce que vous pouvez faire pour y remédier.
  • Je suis ravie de vous retrouver, chers lecteurs et j’espère que vous avez passé de bonnes vacances (maillot ou pas).

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La Dodue et la procrastination

Nous avons tous des habitudes qui nous font  procrastiner parce qu’elles nous font perdre la notion du temps*. Moi, ce serait le surf sur internet ou la lecture, vous ce serait plutôt les séries télévisées ou le chat avec vos copines, par exemple.

Comment faire pour

1- s’en rendre compte, d’abord

2- s’en débarrasser ensuite?

Nous allons utiliser la légende dite « de la Dodue » (copyright moi-même).

C’est l’histoire d’une dame très TRES dodue. Cela se passe aux Etats-Unis, pays des Dodus et de la crème glacée au litre. Pas à l’esquimau, au litre, vous dis-je. Il n’y a pas plus petit. Dans ce pays d’abondance, chaque émission de télévision est entrecoupée de pauses publicitaires longuettes. Au point qu’on se demande s’il n’y a pas plus de pubs que de programmes. Bref.

ice cream1

Chaque soir, ma Dodue, assise sur son canapé, s’ennuie pendant les publicités.

Chaque soir, à la première pause publicitaire, elle se lève et va farfouiller dans son congélateur à la recherche de ces délicieuses crèmes glacées, qui, je le rappelle, sont vendues au litre.

Elle emporte donc le pot entier et revient s’installer sur son canapé pour 1) finir l’émission et 2) finir le pot dans la foulée. Et ça tous les soirs, machinalement, sans y penser, par habitude.

Pour être Dodue, elle n’en est pas idiote pour autant. Elle a assez vite compris qu’il y avait un rapport entre son tour de taille considérable et cette habitude compulsive, irréfléchie, de descendre un pot de crème glacée par jour. Mais comment faire pour se débarrasser de cette habitude, si agréable, si bien ancrée?

Aux grands maux les grands remèdes. Dame Dodue se fit prendre en photo en maillot de bain, de profil, s’il vous plaît, de façon à ce que chaque bourrelet soit bien visible. Cette opération lui demanda beaucoup de courage. Puis, elle colla cette photo sur le devant de son congélateur.

maillot de bain

Que se passa-t-il le lendemain lorsque, machinalement, elle se dirigea une fois de plus vers sa chère crème glacée? Bien entendu, elle tomba nez à nez avec sa photo.

Ce choc de se voir si grassouillette lui donna une fraction de seconde pour se demander si oui ou non, elle allait vraiment continuer à se gaver ainsi tous les soirs. Elle décida que non.

Pour tout vous dire, la légende ne précise pas si ma Dodue est passée par le placard à gâteaux avant de retourner s’asseoir devant le show… mais l’objectif était atteint: elle avait cassé une habitude néfaste pour elle en affichant un signal visuel sans ambiguïté à l’endroit maudit.

warning

Que nous apprend la légende de la Dodue?

Si vous avez une habitude néfaste pour vous, au sens où elle vous fait perdre la notion du temps et vous fait procrastiner, créez un signal visuel fort (post-it, alarme, objet incongru, photo inspirante…). Placez-le juste là où vous vaquez à cette occupation.

S’il le faut, collez un post-it marqué « NON » avec un smiley sur le bouton marche/arrêt de votre télévision ou de votre ordinateur. Ceci vous permettra d’en prendre conscience et de démarrer une autre tâche avant de vous lancer à corps perdu dans l’activité qui ne vous bénéficie pas.

A la clef: une grande satisfaction de vous-même (suivie d’une récompense bien méritée, n’oubliez pas).

* Ces habitudes, il ne faut pas les confondre avec le flow.

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Remettez donc à demain (ça vous étonne, pas vrai?)

via Val de Saone Services

via Val de Saone Services

  • On peut manquer de place mais  ne pas avoir envie de se débarrasser des choses, là, tout de suite.
  • On peut vouloir un environnement dégagé ET être conservateur.
  • On peut imaginer qu’on va changer d’avis un jour.
  • On peut comprendre l’intérêt de se séparer rationnellement de certains objets tout en ayant peur de les laisser partir (et si jamais?…).

Que faire dans ces cas-là?

Se faire violence et devenir un adepte contraint de la simplicité volontaire en se débarrassant à contre coeur d’un maximum d’objets? Mais non, voyons!

Nous allons tout simplement remettre à demain. Mais avec METHODE (à prononcer avec un léger accent allemand, à la Christoph Waltz).

Voici comment procéder pour quelques types d’objets:

Les loisirs

Il s’agit d’y stocker les DVD en surnombre ou les jeux de société dont on ne se sert guère.

Vous inscrivez une date dans le futur sur le carton. Vous choisissez: dans six mois, dans un an, ou dans deux ans… et vous mettez le carton loin de vous: au garage, à la cave, au grenier.

Ensuite,

  • vous  retombez sur le carton volontairement et là, Merveille et Surprise!
  • vous retombez sur le carton par hasard:
  • si la date est dépassée, hop on le donne. A l’évidence, il ne vous a pas manqué.
  • si son heure n’est pas encore venue, faites ce que vous voulez: ouvrez-le… ou pas. Si vous ne savez même plus ce qu’il contient, il y a des chances que vous puissiez le donner tel quel.

La boîte à livres

Chers Ecureuils amateurs de lecture, celle-ci est pour vous.

Pourquoi ne pas faire une rotation de vos livres? Ouvrir, dans quelque temps, l’un de ces cartons remplis d’ouvrages perdus de vue, ce serait comme d’aller à la librairie, non?

Comment faire? Faites exprès de mettre une partie de vos livres (lus ou pas) dans un carton, indiquez une date dans six mois ou un an. Et faites-vous plaisir lorsque vous ouvrirez votre carton dans deux saisons d’ici. Ou choisissez de faire des heureux en distribuant le contenu autour de vous.

Les vêtements

On peut  également s’inspirer de cette technique pour les vêtements lorsque notre poids oscille entre plusieurs tailles.

Pourquoi remettre à demain?

Cette astuce de remettre à demain volontairement pourrait bien donner un résultat intéressant. Ainsi,  vous pourriez réaliser que

  • vous vous cramponniez bizarrement à toute sorte d’objets, ni utiles ni vraiment attractifs.
  • votre goût pour l’accumulation représente des intentions, des envies… mais que vous ne passez pas à l’action.

On s’en rend mieux compte quand c’est dans un carton, allez comprendre…

D’autres sujets en rapport avec celui-ci:

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Comment se motiver pour faire les choses?

Il y a peu, je vous parlai de motiver vos proches à faire les « corvées ».

Et vous, alors? Comment faire pour vous motiver à attaquer de façon régulière ces tâches peu stimulantes? Comme je n’ai pas encore signé de partenariat avec une marque prestigieuse de chocolat (ni de bijoux, ni de gadgets high tech d’ailleurs), il va falloir trouver autre chose pour vous motiver.

Imaginons que vous vous ennuyiez d’avance à l’idée de trier vos papiers. Cela vous fatigue, vous agace.  Mais une autre personne, à votre place, n’éprouverait pas ces sensations et ne se dirait pas la même chose que vous.

Tenez, moi, par exemple, devant un tas de papiers, je me sens comme un randonneur devant une montagne: je me suis dit que je la gravirais, je m’y mets. Je ne me pose pas de questions et je m’applique. Jusqu’au bout. Jusqu’en haut, donc, si je continue à faire le parallèle avec la montagne.

(N.B: je ne choisis pas l’Annapurna, non plus: je connais mes limites. Et oui, j’ai parfois envie de laisser tomber mais… et mon sommet, alors?).

Quelle est la différence entre nous? Pas la volonté. Pas la discipline. Simplement le discours intérieur que nous nous tenons.

Plus vous y pensez, à cette fichue corvée, plus vous vous parlez, … plus vous allez éviter la tâche à faire.

Pire, vous étendez votre stratégie d’évitement à d’autres situations qui y ressemblent.

Bientôt, courrier = vaisselle = rangement = repassage …. avec un point commun: vous éprouvez de l’ennui dans ces situations. Et vous le formulez, au moins dans votre tête.

Vous savez ce qui vous est arrivé? Vous vous êtes conditionné à procrastiner en vous disant tout le temps les mêmes choses! (Lisez donc ces articles pour en savoir plus sur le sujet)

Voici un exercice que je vous propose pour court-circuiter ce cercle vicieux:

Vous connaissez certainement l’adage:

L’appétit vient en mangeant.

Je vous propose de vous répéter en boucle, à chaque fois que vous renâclez devant une corvée:

De même que l’appétit vient en mangeant,
la motivation vient en faisant
.

(Vous avez toujours votre cahier? C’est pour noter la formule)

Je vous entends ricaner d’ici. Mais Laurence, c’est bien ça, le problème! Je ne veux/peux/n’ai pas envie de m’y mettre!

Dans ce cas, laissez-moi vous rappeler quelque chose que vous avez déjà vécu.

Souvenez-vous… vous étiez là, ronchonnant devant une pile de (au choix) vaisselle/courrier/jouets/vêtements… et tout à coup, pour une raison ou pour une autre, vous avez attaqué la pile.

Et que s’est-il  passé? Vous avez fini cette pile, vite et bien.

Même, si ça se trouve, en sifflotant (mais vous ne l’avoueriez à personne). Comme soulagé, ou simplement heureux de faire, absorbé(e) dans l’action.

Et certainement, une fois au bout, vous vous êtes dit « ce n’était pas si terrible » (mais ne l’avoueriez à personne, non plus).

En mettant le doigt dans l’engrenage (je démarre), vous avez poursuivi sans aucune autre motivation que de vouloir arriver au bout (montagne, montagne!).

Autrement dit, vous avez créé vous-même votre propre motivation.

Vous ne vous êtes rien dit de spécial à part un simple « allez, je m’y mets ».

Vous y êtes? Vous n’avez pas besoin « d’avoir envie », « d’être motivé », « d’un coup de pied au *** », d’une contrainte (visite, déménagement…).

Vous avez juste besoin d’arrêter de penser

  • à comment démarrer,
  • dans quoi mettre les trucs,
  • avec quelle méthode idéale procéder,
  • à quel point vous n’avez pas envie de vous y coller…

Juste commencez. Le reste suivra. La satisfaction aussi, n’en doutez pas.

En choeur, chers lecteurs: Oui, on reprendra volontiers un peu de  papiers gâteau, Laurence.


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Je suis en retard, excusez-moi

A toutes mes formations sur l’organisation personnelle, un participant au moins arrive en retard. Absolument toutes. Marrant, non? Vous me direz, c’est normal, des personnes qui cherchent à mieux s’organiser, à moins procrastiner… forcément…

Sauf cas de force majeure, il me semble qu’il y a 4 raisons pour lesquelles vous arrivez après tout le monde:

  • de peur d’être en retard (vous vous connaissez), vous étiez prêt bien en avance. Et du coup, vous avez rangé un peu de ci, nettoyé un peu de ça, jeté un oeil à vos mail, et soudain… mince!
  • vous n’avez pas imaginé une seule seconde qu’il pourrait y avoir du givre sur votre pare-brise alors qu’il fait -3°, qu’il pourrait y avoir un accident sur l’autoroute, ou encore que le métro pourrait être retardé. Parce que vous, vous avez un tapis volant. Vous échappez aux lois communes. Enfin, vous n’y avez pas pensé, quoi.
  • la simple idée d’être en avance vous révulse. Comment? Perdre potentiellement du temps à attendre, à ne rien faire? Pas question!
  • votre estimation du temps est erronée. Vous confondez « bon, ben là, je ne vais pas tarder à y aller » et le moment où vous partez réellement, après avoir cherché vos clefs, changé de chaussures, fermé les fenêtres et pris l’ascenseur.

Vous le savez, être en retard à vos rendez-vous, surtout si vous ne prévenez pas, ça vous complique la vie.

  • le rendez-vous devra être reprogrammé, ce qui risque de ne pas vous arranger et va inévitablement bousculer le reste de votre planning;
  • vous vous sentez légèrement coupable, ce dont certains interlocuteurs n’hésitent pas à tirer profit;
  • vous n’avez pas eu le temps de réfléchir au contenu du rendez-vous. Vous partez avec un handicap;
  • la personne que vous veniez voir ne voudra plus faire appel à vous parce qu’elle aura un doute sur votre fiabilité;
  • vous risquez de rater l’âme soeur/le contrat de votre vie/ votre poste de rêve. Ou pas. Mais faut-il prendre le risque à cause de cette fichue procrastination?

Lecteurs, vous qui êtes peut-être des retardataires repentis, qu’avez-vous mis en place pour arriver à l’heure désormais?

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Désordre = procrastination + 2 minutes

Lorsqu’on laisse les projets s’entasser sans s’en occuper, on augmente notre charge mentale mais ça ne se voit pas.

En revanche, les objets qui s’accumulent se voient.

Le désordre n’est rien d’autre que de la procrastination. Ce qui s’empile, s’entasse, ce sont tous les objets pour lesquels on s’est dit: » je ferai ça plus tard ».

A force de ne pas s’en occuper sur le coup (ou assez rapidement, en tout cas), on se retrouve avec des piles, des collines, des montagnes!

Or, en quelques secondes (quelques secondes seulement, mes amis), on pourrait

  • ouvrir le courrier, jeter ce qui doit l’être, trier ce qu’on veut garder et mettre les factures en évidence
  • rapporter la tasse de café dans la cuisine
  • placer son linge sale dans le panier
  • recycler les magazines déjà lus
  • nettoyer les plaques électriques juste après le repas
  • plier une pile de linge après séchage …

Bien sûr, quand on gère les choses de cette façon par minuscules morceaux, on n’a jamais l’occasion de voir le désordre s’accumuler.

Essayez ça: Tout ce qui prend moins de deux minutes, je le fais tout de suite.

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Techniques anti-procrastination: N°6 La fusée

Comment lutter contre la procrastination lorsqu’on en a fait une sorte d’art de vivre?

Dans votre monde, rendre un travail le 24 revient à le démarrer le… 24. Bon, OK, le 23 au soir. Tard. Le plus tard possible.

En quelque sorte, votre équation à vous, c’est:

date de démarrage= date de fin.

Jusqu’à présent, comme Florence Foresti dans ce sketch où elle a du mal à arriver à l’heure au boulot, vous pensiez: « j’ai jusqu’au 24? J’suis large! » ou « oh, c’est bon: j’ai jusqu’au 24 pour le faire ».

Or cela vous joue des tours

  • vous passez plus de temps à vous demander comment échapper élégamment à la date-limite qu’à travailler effectivement
  • il vous arrive de bâcler le travail, à votre grande honte
  • vous sortez épuisé(e) de vos nuits frénétiques à « bosser »

Il vous faut une fusée.Je veux dire, penser comme si vous étiez la personne qui déclenche la fusée. Vous savez: 10-9-8-7-6-5-4-3-2-1- feu!

Il est temps de mettre en place un compte à rebours réaliste pour ces fichues tâches qui vous embêtent tellement et qui ont une date-limite.

Pour ce faire, nous allons opérer un petit changement de paradigme, de façon à voir les choses différemment:

  • d’abord, réfléchissez à la plus petite chose que vous accepteriez de faire pour avancer vers le moment fatidique. La plus petite. Et faites-la. Juste elle. Il s’agit de transformer ce « j’ai jusqu’au ….. » en « qu’est-ce que je peux au moins faire pour respecter cette date-limite. »
  • puis réfléchissez à un compte à rebours réaliste. Réfléchissez agenda en main.  Exemple: « il faut que j’aie fait telle partie à telle date. Puis la suivante à tel moment. Puis celle d’après avant samedi parce que (remplissez les blancs). Pensez à bien tenir compte de vos vraies contraintes.

Donc, ça donne:

J’ai une date-limite à respecter

  1. je me demande ce que je peux au moins faire
  2. je le fais; c’est tout petit, alors…
  3. je réfléchis à un rétro-planning réaliste (je le note sur mon agenda si je veux)
  4. après la première petite action, je me récompense
  5. entre chaque étape réussie de mon compte à rebours, je me récompense
  6. je finis dans les temps sans stress inutile
  7. je me re-récompense, car c’est la première fois que j’arrive à faire ça.

Vous trouvez qu’on se récompense beaucoup pour obtenir ce qui est, finalement, la moindre des choses? D’abord, j’aime les récompenses… et vous aussi, pas vrai? De plus, si vous procrastinez, vous êtes déjà bien assez exigeant(e) envers vous, si si, je vous assure. Allez quoi, faites-vous plaisir! Mais faites-le exprès, pas furtivement (avec mauvaise conscience) comme d’habitude.

Essayer d’autres techniques.

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