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La parabole des chaussettes

Vous me connaissez: toujours en train de chercher des histoires et des paraboles pour vous faire rire prendre conscience de certains comportements.

Aujourd’hui,

La parabole des chaussettes

ou

A quel moment accepter de perdre du temps

Cela peut sembler pénible, de s’organiser, pour ceux qui le voient comme une série de corvées et de disciplines à acquérir.

Ranger, mettre de l’ordre, traiter la routine quotidienne, c’est une perte de temps, me dit-on parfois (à mon grand dam).

Au sens où, pendant qu’on range ou qu’on se prépare à l’avance, on ne fait pas autre chose. Certes. Comme de rattraper ce qu’on n’a pas fait avant, par exemple? Ou se distraire?

Mais réfléchissons ensemble. Toute la question est de savoir à quel moment vous êtes d’accord pour « perdre du temps »:

  • Au moment de classer les papiers OU au moment où on nous les demande pour demain (fouilles archéologiques en vue)?
  • Au moment de renommer une pièce jointe pour lui donner un nom explicite pour nous OU lorsqu’il faudra remettre la main dessus 6 mois après (recherche fébrile en vue)?
  • Plus généralement, au moment où les choses arrivent dans notre vie et qu’on peut les traiter tranquillement, au fil de l’eau, OU lorsqu’il faut s’en occuper en urgence, toutes affaires cessantes, quel que soit notre état de fatigue, parce qu’on les a procrastinées (stress en vue)?

    La chasse aux orphelines

  • En somme, c’est comme choisir entre ranger les chaussettes par paire, à la sortie du sèche-linge, après les avoir mises dans le bon sens OU se précipiter le matin, à la recherche de la deuxième chaussette, la trouver (ou pas),  les retourner (ou pas), voire constater qu’elles ont un trou, décider de s’en moquer (ou pas) et tenter tout de même de partir dans les temps. En en ayant perdu pas mal, du temps, au final…

J’ai l’impression que chercher à s’organiser, c’est accepter de « perdre du temps » quand ça nous arrange. Pas quand on n’a plus le choix. Et vous, lecteurs, que vous suggère votre logique?

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Techniques anti-procrastination: N°5 le micro-environnement

La perspective de tripoter  des papiers, de remplir des cases, de faire des chèques, tout ça… ça ne vous stimule guère, pas vrai?

Vous attendez toujours le dernier moment pour régler vos factures (remarquez, pourquoi faire cadeau de trésorerie à notre… Cher Trésor?).

Et puis, de toute façon, au moment de

  • remplir le chèque…  plus de chèques dans le chéquier ni de stylo à portée de main (les enfants ont fait des gribouillages avec)
  • mettre le courrier dans l’enveloppe… il n’y en a plus (où sont-elles, celles que j’ai achetées l’autre jour?)
  • affranchir les enveloppes… plus de timbres
  • poster les enveloppes… elles restent des jours dans mon sac à main ou sur le meuble de l’entrée

Résultat: tout devient long et compliqué parce que, pour la moindre démarche impliquant un courrier, il faut que je:

  • passe à la Poste
  • passe à la banque
  • courre derrière les enfants ou rachète des stylos

Il y a de quoi procrastiner, c’est sûr.

Comment faire pour éviter que le traitement des papiers se transforme  en parcours du combattant?

La réponse tient en un mot: le micro-environnement.

En voici le mode d’emploi:

  1. Au calme, sans pression d’aucune sorte, je réfléchis au matériel de base dont j’ai besoin pour la plupart de mes activités administratives
  2. Je me procure, à mon rythme, en une ou plusieurs fois, ce dont j’ai besoin (enveloppes, timbres, chéquier tout neuf, stylos qui marchent, agrafeuse et ses agrafes, surligneur…)
  3. Je regroupe tout ce matériel à un même endroit, évidemment près de là où j’effectue le plus souvent mes tâches « paperasses » (dans une boîte « enfants-proof », par exemple)
  4. Je viens de créer mon micro-environnement « spécial courrier »
  5. Lorsqu’il faudra s’en occuper, je saurai que j’ai tout sous la main. Cela m’encouragera et je n’aurai plus de raison de repousser à plus tard. Bon, moins de raison, disons.

Déclinons le concept, voulez-vous?

  • un produit et une éponge partout où je risque d’en avoir besoin (cuisine, mais aussi salle de bain et toilettes)
  • une poubelle dans chaque pièce, même le salon
  • une petite réserve de légumes préalablement épluchés et coupés à un moment creux pour éviter la célèbre « flemme du dîner »
  • tout ce qui me sert régulièrement à mes voyages dans une valise (trousse, échantillons de parfumerie, sac pour linge sale…)
  • le matériel de piscine de Bastien, une fois sec,  toujours dans son sac de piscine
  • mon sac à main, avec son agenda,  toujours près de mon bureau (où ce qui en tient lieu à la maison)

Vous l’avez compris, l’idée c’est de simplifier son environnement, de regrouper les outils nécessaires.

Ainsi, moment venu (Motivation, Gentille Motivation, dis-moi que je suis la plus organisée!), hop, la corvée devient toute petite petite,  dépourvue d’obstacle inutile.

Et en plus, plus vous êtes étourdi(e), mieux ça marche.

J’ai encore un outil à vous proposer: ICI
Pour démarrer la série sur la procrastination, cliquez ici.

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Techniques anti-procrastination: N°4 La clef au bras

Aujourd’hui, 4ème technique pour lutter contre notre tendance à procrastiner, repousser à plus tard, reporter à demain, ajourner, atermoyer…bref.  Vous trouverez les techniques 1,2 et 3 et le début de cette série ICI.

La « Clef au bras »? De quoi s’agit-il? Laurence va-t-elle nous initier à une prise de catch (déjà qu’elle parle de nous entraîner genre GI…) vous demandez-vous perplexe. Eh bien non, amis sportifs. La Clef au bras, c’est ça:

  • je procrastine toujours la même chose mais j’ai envie que ça s’arrête parce que les inconvénients s’accumulent
  • je m’engage auprès de gens que j’aime bien
  • je me sens tenu(e) de respecter cet engagement
  • je fais la tâche en question

Ah, ah, vous entends-je rigoler, elle est bien bonne. Apprenez, madame, que je suis expert(e) en excuses et faux-fuyants en tout genre. S’il suffisait que je promette un truc pour le tenir…

D’accord.

Prenons l’approche Weight Watchers, par exemple. Ce n’est pas juste des techniques diététiques et des ‘tites médailles si on fait bien. Il s’agit surtout de groupes de soutien et de rendez-vous réguliers. D’une réunion à l’autre, vous prenez des engagements et vous vous sentez motivé(e) pour les tenir parce que c’est VOUS qui les avez émis… devant témoins.

C’est l’idée de la Clef au bras.

Imaginons que j’aie le garage à ranger. Berk (et en plus, y’a des araignées!).

J’ai beau être d’accord qu’il FAUT le ranger, imaginer le temps que ça va me prendre, les tas de cartons qu’il faudra manipuler et tout le reste… fuyons!

Mais je ne vis pas seule. Mon conjoint me relance gentiment, à intervalle régulier. Même avec humour, ça m’agace. Un jour, à froid, un peu par défi, j’annonce:

  • Moi: C’est décidé, je démarre le rangement du garage samedi.
  • Lui: Bonne idée ma chérie (j’aime quand il me parle comme ça). Mais euh… samedi à quelle heure?
  • Moi (sur la défensive, déjà) : je ne sais pas encore, je verrai.
  • Lui (qui me connaît bien): ce serait plus facile de savoir à quelle heure tu démarres pour qu’on puisse caler une séance de shopping/cinéma/tête-à-tête galant…
  • Moi (réticente mais attirée par la perspective): disons, à 10h30?
  • Lui (me connaît trop bien, cet homme-là): mais, le samedi à 10h30, c’est pas un peu trop tôt pour toi?
  • Moi (coincée mais amusée): bon, OK, à 11h00, samedi.

Voilà. je me suis laissée volontairement piégée (Clef au bras) en m’engageant auprès de quelqu’un que j’aime et que j’ai à coeur de ne pas décevoir.

L’astuce: il faut bien se focaliser sur le moment du démarrage (samedi à 11h00). Pas sur le but en général (garage rangé au cordeau). Je pourrai alors décider si je range de 11h00 à 11h05, puis 11h10, puis… (plan de 5 minutes) ou si je range la première étagère seulement (saucisson).

Je vous ai montré ce que ça donne à deux. Mais on peut très bien se faire une Clef au bras tout seul (amusant, non?).

Exemple de dialogue intérieur:

  • certes, je ne veux pas m’occuper du courrier maintenant, mais alors quand?
  • quand j’aurai le temps
  • voyons, c’est un peu flou, ça, non?
  • je m’en occuperai ce week-end
  • à quel moment précisément?
  • Enoncé de la Clef au bras (moment précis où je vais démarrer la tâche)
  • accord entre moi et moi-même ( à bien formuler pour ne pas être tenté de renégocier encore et encore)

A chaque fois que vous parviendrez à transformer ce qui ressemble à une contrainte subie (« faut que je range ce fichu garage parce qu’il y a des acheteurs qui viennent visiter la maison ») en choix volontaire (« puisqu’il faudra que je le range, de toute façon, je préfère démarrer quand ça m’arrange, à savoir samedi à 11h00 »), votre tendance à procrastiner disparaîtra et vous n’aurez plus besoin d’aller d’évitement en évitement.

Encore une technique à expérimenter, ne serait-ce que pour prendre conscience de notre dialogue intérieur dès lors qu’il s’agit de repousser à plus tard.

Ca va, vous tenez le coup? parce que cette série sur la procrastination n’est pas finie…elle continue .

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