L’obsolescence programmée, vous connaissez?

On le savait. On s’en doutait fortement, en tout cas. Et ça nous exaspérait au plus haut point.

Les ampoules, les imprimantes, les visseuses/dévisseuses, les balances à pile, les bouilloires, les collants, etc. Pourquoi ces produits, et bien d’autres tombent-ils en panne, se détraquent-ils, sont irréparables si vite? Comment ça « Ca reviendrait plus cher de le faire réparer que d’en acheter un neuf »?

Et pas question de « bon vieux temps »: je ne suis pas si vieille.

Eh bien, c’est fait exprès, tout simplement. J’ai vu hier soir le documentaire didactique et fascinant de Cosima Dannoritzer « The light bulb conspirancy. »

Nous sommes victimes de l’obsolescence programmée.

« L’obsolescence programmée, dit Wikipedia, regroupe l’ensemble des techniques visant à réduire la durée de vie ou d’utilisation d’un produit afin d’en augmenter le taux de remplacement. Cette stratégie n’est pas sans risques : elle implique un effort de recherche et développement, n’allant pas toujours dans le sens d’une amélioration du produit. » Pardon?! N’allant jamais dans le sens d’une amélioration des produits, oui! Sans parler des ententes entre industriels, sur le dos des consommateurs (Osram, Philips…). Et des procès gagnés à grands coups de transactions financières pour faire taire les plaignants (n’est-ce pas, Apple?). C’est révoltant.

Je sais que ma copine A. me traite en souriant de technophobe et mon mari de « Vania » (en allusion au personnage de ce livre extraordinaire « pourquoi j’ai mangé mon père« ).

Mais je proteste, c’est tout. Je ne veux pas changer quelque chose qui fonctionne encore pour un modèle plus récent. Je ne veux pas plus d’électronique que nécessaire. Je ne veux pas me sentir poussée à « upgrader » ci ou ça. Tant pis si j’ai l’air ringard avec mon vieux téléphone portable. Je ne veux pas me laisser influencer par la publicité. A chaque fois que je peux, je choisis le matériel recyclable au détriment du plastique. Le mécanique au détriment de l’électronique. Et, tant que j’y suis, l’européen au détriment de l’asiatique, mais ça, c’est pour sauver ce qui reste de nos emplois.

Zut à l’obsolescence programmée:les conséquences sont trop lourdes (au fait, le beau ciel bleu, sur la photo, c’est celui du Ghana).

18 Commentaires

Classé dans Mon avis

18 réponses à “L’obsolescence programmée, vous connaissez?

  1. Anne-Gaëlle

    Entièrement d »accord, et toute aussi révoltée par l’obsolescence programmée ! Mais on a quand même rarement le choix non ? OU alors il me manque des infos. Merci si vous pouvez nous éclairer avec des pistes pour faire autrement.

  2. Vroum-Vroum

    Bonjour,

    Il y a une diffusion sur ARTE d’ici 2 semaines :

    http://www.arte.tv/fr/3714270.html

    c’est à ne pas manquer.
    Je suis également atterrée par ces pratiques, mais, malheureusement, nous n’avons pas forcément le choix…Récemment, j’ai changé d’imprimante, la mienne datait de 2002 et commençait à avoir des signes de fatigue, mais surtout je ne pouvais pas l’installer sur mon nouveau PC ! En vérifiant le coût des cartouches, je me suis rendue compte également que cela me revenait moins cher de changer d’imprimante plutôt que de changer de cartouches !!
    A l’heure où l’on nous rabâche qu’il faut faire attention au gaspillage, que l’on nous menace d’un nouvel impôt « écolo », que pouvons nous faire, nous, à notre échelle, contre les industriels qui agissent ainsi et nous poussent à la consommation ? J’ai l’impression d’être l’oie à plumer…

  3. coco

    Cette surconsommation, technologique ou alimentaire ou… me stresse ! Et les déchets, les pollutions et les tueries qu’elles impliquent m’angoissent !
    Tout n’est qu’histoire de fric et toujours vouloir plus de fric, ça donne un monde de plus en plus à côté de la vraie vie.

  4. Les pistes sont toujours les mêmes. On en veut à nos sous, n’est-ce pas? Donnons-les avec parcimonie. Pour ne pas se sentir comme une « oie à plumer, comme Vroum-vroum, on peut, par exemple:
    – retarder le moment où on achète pour renouveler (sauf si on ne peut pas faire autrement, évidemment)
    – comparer les durées de garantie. Choisir (selon son budget) les marques à garantie constructeur les plus longues
    – résister aux sirènes « plus neuf, plus beau » des opérateurs de téléphonie mobile et des constructeurs
    – acheter des objets d’occasion (et pan)
    – expliquer tout ça autour de nous, et surtout à nos enfants
    – choisir son contrat d’assurance-vie de façon éthique (au revoir Philips et Total, mettons)…

    Qui a d’autres pistes?

  5. JoOO

    Oui…bon…, il y a quand même des chose intéressantes dans les avancées technologiques : par ex les téléphones portables ont sauvé plein de vie (ne serait ce que pour les appels médicaux d’urgence); on m’ a piqué mon i phone hier, comme tout est synchronisé avec le mac, récupération instantanée et facile des données.
    Je n’ai pas repris un i phone G4 dernière génération parce que je n’ai pas besoin de visio conférences (pour l’instant) mais si çà me fait économiser du temps et de l’essence un jour, pourquoi pas…mais un G3S (celui que j’avais attendu pendant 4 ans pour qu’il puisse me rendre plein de services « boulot »(grâce au GPS, à l’application mails, métro de Paris, plans, photos et vidéos), et mon sac à main s’est allégé et simplifié (et hop une tendinite d’épaule en moins).
    Moi je dis oui à tout ce qui peut rendre la vie plus facile, plus fluide et il y a encore plein de progrès possibles, même si cela me demande un gros effort d’adaptation, mais si un objet me satisfait pleinement, je veux le garder en bon état et fonctionnel. Et je dis non à ce qu’on change sans discernement et non à ce qui n’est changé que pour la frime.
    Une des grosses voies d’avenir (me semble t il) dans la recherche technologique est de mieux récupérer et réutiliser, refaire du neuf avec du vieux: tous ces ordinateurs et appareils photos sont peut être obsolètes mais on doit pouvoir les « recycler », ne serait ce que pour les métaux rares type lithium plutôt que faire des trous en Argentine. Même si c’est coûteux de financer cette recherche… (mais çà crée des emplois hautement spécialisés et qui ont un sens). J’adore le livre « comment j’ai mangé mon père » mais si je me souviens bien…Vania est quand même bel et bien descendu de son arbre..le jour où Edouard a enfin inventé le feu, et la maman la cuisson (par l’odeur alléché..)
    Bref, les enjeux de la maîtrise de toute notre consommation sont politiques, politiques à long terme, très long terme, et peut être que la vision à long terme , le discernement, la réflexion collective concertée c’est justement ce qui fait cruellement défaut dans pas mal de domaines…Alors qu’est ce qu’on peut faire? Valider les idées et technologies judicieuses, éduquer nos enfants à donner du sens à leurs actes (sans oublier de se faire plaisir,) remettre de l’humain au centre de nos relations et actions, penser collectif plutôt qu’individuel, penser à l’argent comme un moyen et non comme une fin en soi ou comme un signe de reconnaissance sociale. Il me semble que de plus en plus de jeunes sont sensibles à cela et les industriels, les chercheurs de demain ce sont eux Bref un sacré projet de société!

  6. Je ne suis pas étonnée de voir un article comme celui-ci sur un site traitant de l’organisation. Je pense comme vous et je déteste quand mon conjoint tourne en rond dans la maison et que sa seule idée de génie pour s’occuper est de partir magasiner! En plus, il n’a même plus besoin maintenant de sortir de la maison il peut tout faire à partir d’internet.
    J’exagère un peu, mon conjoint n’est pas grand consommateur, mais plus que moi.
    Je pense qu’un premier pas, comme tu le mentionnes Laurence, est déjà de sensibiliser pour que chacun fasse sa part.

  7. ninne

    Cet article coïncide avec mon coup de gu… samedi soir où je me plaignais de ma machine à pain qui donne des signes de fatigue. Elle (n’)a (que) 4 ans d’utilisation (intensive); j’en ai donc conclu qu’elle doit être (déjà) en fin de vie. Je ne sais pas si je la remplacerai, probablement par une d’occasion, ou bien comme ma centrale vapeur, par…rien. C’est bien aussi d’apprendre à faire sans ou autrement. Na!

  8. C’est comme ça que j’ai laissé tomber, si je peux dire, mon sèche-linge. De toute façon, j’oubliais le linge dedans, alors… Dès qu’il a arrêté de souffler chaud, je l’ai donné à un ami bricoleur. Et depuis, « back to the trees! » comme dirait Oncle Vania. Mon mari m’a déjà prévenue: pas de toilettes sèches sous son règne. Dommage!

  9. David

    Je suis revendeur informatique, et vous tombez justement dans le « panneau » en comparant le prix des cartouches avec celui d’une imprimante.
    Mieux vaut ne pas acheter des imprimantes à 50 EUR : les consommables seront plus chers et ce sont des modèles « jetables » car ils tomberont en panne très vite. Et le jour où vous aurez un problème avec, la hotline vous répondra qu’il sera moins couteux de changer.

  10. David

    Etant revendeur informatique, les avancées technologiques me font vivre.
    Mais il existe des moyens plus écolos de consommer.
    Par exemple quand on remplace un matériel par un autre, si le 1er est toujours en état de marche on peut le revendre d’occasion, ou le donner à une association, de l’humanitaire.
    Cela permet de réduire les écarts en donnant à certain accès aux technologies de base.
    Car si vous avez les moyens de vous payer le modèle dernier cri, il y a beaucoup de monde qui ne peut pas se le permettre et qui se satisfait pleinement du modèle de 1ère génération.
    Il faut donc faire « tourner » ces matériels, soit s’en passer totalement.

  11. La question qui me taraude, David: est-ce qu’un être humain normalement constitué (i.e: capable de lire une doc et d’utiliser un tournevis et un fer à souder) pourrait réparer lui-même son imprimante? Ou vraiment, c’est impossible?

  12. David

    Les imprimantes c’est beaucoup de « mécanique ». C’est souvent des bourrages papier car les pièces qui entraînent les feuilles s’usent à la longue avec les frottements du papier.
    Sur les machines de « bonne facture », on peut acheter des pièces de rechange, assez facile à remplacer soi-même avec un tournevis.
    On peut aussi prendre un contrat de maintenance pour le faire faire 😉

    Evidemment sur les imprimantes bas de gamme, pas de pièces de rechange.
    Mais je comprends que les particuliers soient plus attirés par les prix d’appels qu’on leur affiche dans les grandes surfaces.

    Donc pour en revenir à ton ticket initial, je pense que les fabricants réussissent bien leur coup en rendant les achats très accessibles. Du coup moins de barrières à l’achat, on se dit « oh après tout pour 50 EUR j’ai qu’à changer l’imprimante ».

    Idem pour l’histoire de l’iPhone. Ils rendent cela facile à utiliser et très facile à « sauvegarder ». Ainsi on hésite pas en se disant « ça va être galère » quand il faut changer pour le modèle supérieur. On change le modèle et on récupère tout ce qu’on avait avant.
    En plus Apple est champion pour sortir les nouveautés au compte goutte et cibler exactement la bonne population qui fera sa promotion au bouche à oreille.

  13. David

    Laurence, où puis-je voir la vidéo de « The light bulb conspirancy » ?

  14. J’ai vu ce reportage également … ça m’a effaré !
    C’est extrêmement difficile de « résister » aux pièges des industriels. C’est très compliqué également de trouver des outils, des ustensiles, des accéssoires faciles d’utilisations ets urtout sans électronique !

  15. En suivant le lien que Vroum-vroum nous indique dans son commentaire d’hier à 9 h 32.

  16. Ce qui m’a le plus écoeuré, je crois, c’est l’entente entre industriels. Et oui, l’électronique complique tout, c’est vrai…

  17. Vroum-Vroum

    Oui, je sais bien ! Ma 1ère imprimante a duré plus de 8 ans…à l’époque j’y avais mis le prix…mais même maintenant, je ne suis pas sure qu’en y mettant le prix, je puisse avoir qq chose qui tienne la route !
    Et le pire, c’est que je n’ai pas acheté ma 2ème imprimante 50 € :p

  18. Angel

    j’ai lu avec intérêt tous vos commentaires. Je partage depuis longtemps cet écoeurement, et me sens impuissante devant les manoeuvres du monde de l’industrie, faire de l’argent, toujours plus d’argent au détriment du bon sens et du respect de la planète ! Je crois que je prendrais vraiment plaisir à profiter des dernières technologies (tel portables, écrans plats…) si Messieurs les industriels nous proposaient une vraie politique de recyclage : càd qu’on me prouve que pour chaque appareil dont je me débarrasse pour le remplacer par un neuf, l’ancien sera intégralement démonté et recyclé. Car qui peut me dire aujourd’hui ce que deviennent les appareils électroménagers ou autres que l’on est censé reporter auprès de l’enseigne qui nous en vend un neuf grace à la fameuse Eco-taxe ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s