Oh ben non, pas celle-là!

Extrait de dialogue entre l’auteure du présent blog et l’un de ces clients. Appelons-le Jacques. Jacques est un Ecureuil de haut niveau. Et nous nous exerçons à trier/jeter.

Laurence: Eh bien dites donc, vous en avez des cartes de restaurant! Vous y allez souvent?

Jacques (les passant en revue rapidement): Non, pas très souvent, en fait. Je prends toujours une petite carte du restaurant en partant, si ça m’a plu. Au cas où j’aurais envie d’y retourner… mais j’y retourne rarement.
(Plein de bonne volonté) Tiens, celle-là, par exemple, je pourrais la jeter.

Laurence (geste encourageant vers la poubelle): je vous en prie…

Jacques (souriant, mais se cramponnant à la carte tout en en attrapant une autre): oui, oui, je pourrais en jeter certaines…

Laurence (sourire engageant et re-geste en direction de la poubelle): comme vous n’y retournerez certainement pas, n’est-ce pas…

Jacques: vous avez raison. Je pensais peut-être la garder pour la donner à … mais je sais que je ne le ferai pas.

Il jette deux cartes, courageusement. C’est un Ecureuil, après tout. Puis continue à  passer les autres en revue rapidement.

Laurence (espiègle, désignant une carte restante, au hasard): et celle-ci?

Jacques: oh, ben non, pas celle-là! Ca ne fait pas longtemps que je l’ai!

7 Commentaires

Classé dans Astuces pour s'organiser, Bordélique?, Coach en organisation, Comment s'organiser au travail, Désencombrer, Mon avis, Oser jeter, S'organiser à la maison, Se former à l'organisation personnelle

7 réponses à “Oh ben non, pas celle-là!

  1. Helene

    Pourquoi garder tout ça alors que l on sait qu on n en n a pas besoin ?
    Ici , ça me rassure , me donne le sentiment d’etre bien la même si le bazar occasionné me fait souffrir ! Il m arrive de me separer de quelques bricoles mais c est une dechirure , comme si je donnais une partie de moi !
    Je remplis le vide en moi avec mes « zoules  » et si je devais tout enlever … Non je ne veux même pas y penser !
    J ai quand même conscience qu’accumuler ne resoud rien , je me sens toujours vide mais sur le coup , ça me remplis 😦

    Par quoi commencer ? Faire le menage en soi ou faire le menage autour de soi ? Les deux en même temps ?

    Pfiouuuuu , j’ai chaud là ! Quand je pense que je dois demenager dans peu de temps …

    Bonne journee

  2. @ Hélène : Courage à vous! Pour avoir traversé les mêmes questionnements, je me permet de vous faire part de ma modeste expérience.
    Un déménagement c’est bien LE moment propice pour faire la chasse aux véritables inutiles et autres pollutions visuelles 🙂
    Vous semblez vouloir séparer le ménage physique du ménage émotionnel, mais n’avez-vous jamais remarqué comme l’un induit automatiquement l’autre? Lorsque l’on fait ses choix/tris de façon pleinement consciente (« quelle est la raison qui me fait garder cet objet? En ai-je réellement besoin? Oui, il est inutile mais je l’aime cet objet… cf entre autres excellents articles de ce blog : https://sorganiser.wordpress.com/2011/03/31/moins-de-choses-chez-moi-non-jai-trop-peur/ ou https://sorganiser.wordpress.com/2010/08/26/les-objets-et-moi-une-histoire-damour/), on fait un peu la paix avec soi-même en mettant notre ‘extérieur’ en accord avec l’image que nous nous faisons de notre ‘intérieur’.
    Évidemment, ça ne se fait pas toujours sans douleur…
    Chez moi, l’astuce contre les ‘crève-cœurs’, on la nomme… le purgatoire!
    Quand la tête dit ‘oui, peut-être’, et que le cœur lance un déchirant ‘oh noooon!’, les objets dont on n’arrive pas à se résoudre à se séparer vont faire une étape rassurante mais temporaire dans un coin de la cave ou du grenier, loin de nos yeux mais encore présents quelque part… Puis régulièrement, le purgatoire est purgé : en servant de magasin aux copains dans le besoin, ou en partant en brocante/vide-grenier/leboncoin, Emmaüs/Secours catho/maisons de retraites/Donnons.org, ou encore en dernier recours, posé _à côté_ des containers de la décharge municipale où ils trouvent souvent preneur dans les quelques heures!

    Alors, justement, le déménagement, je suis en plein dedans.
    Se séparer et vider une maison de famille avec ses quelques 88 ans d’accumoncellement* de noisettes ancestrales (*oui le terme est inventé, mais c’est tellement représentatif pour un tas de noisettes, n’est-il pas?), ça ne semblait pas une tâche aisée, loin de là… encore plus émotionnellement parlant…
    Avec du temps (par chance, nous en avons!), et de la patience, chaque noisette trouve petit-à-petit place dans son carton, et le purgatoire _même s’il a élu domicile dans une autre cave_ s’étoffe régulièrement des objets en sursis, en vue d’une future brocante.
    Et même si armoires, commodes, tables, livres, objets, vaisselle, nappes et autres bibelots ont trouvé de nouveaux propriétaires heureux de l’être _ce qui moi me ravit et m’incite à me défaire d’encore un peu plus de choses_ je me suis laissé certains tris pour l’après-emménagement, tels que papiers et cartes de visites justement, mais aussi vêtements, bocaux, et souvenirs de famille ainsi que tous ces petits objets …qui s’attachent à notre âme et la force d’aimer…
    Pour tous ces tris qui, là tout de suite, sont trop minutieux, trop fastidieux, ou trop difficiles émotionnellement, ce sera une fois après m’être installée dans mon nouvel appartement, un carton après l’autre, très progressivement et si possible sans heurts.

    Bon weekend à tous, et à vous Laurence… sans qui les choses ne seraient que ce qu’elles sont : bien mal organisées! ;D

  3. Anne**

    Pour cesser d’emplir l’espace avec les choses, je crois qu’il faut être assuré que notre vie est pleine de quelque chose, qui lui donne sens, et nous comble …. C’est exactement ce qui se passe lorsque je me jette sur un paquet de biscuits sans avoir faim. S’emplir de nourriture ou accumuler les objets, n’est-ce pas refuser de chercher une réponse au problème essentiel d’un manque dans ma vie ? Il est bien évident que je ne résous rien en me jetant sur les biscuits, ou en achetant une nouvelle paire de chaussures. C’est la raison pour laquelle les régimes sont souvent inefficaces. Trouver une autre réponse aux difficultés que la nourriture ou l’accumulation (pour moi, c’est la même chose).
    Si l’accumulation d’objets est due à un laisser aller, faute de temps, de courage pour ranger, le problème se résoudra facilement le jour où on s’en saisira. Mais si l’accumulation provient d’une impossibilité à se séparer du moindre papier, livre, objet inutile, laid, cassé, à mon avis, un travail sur soi est nécessaire. Se sentir dénudé est très inconfortable, et il est probable que l’envahissement réapparaîtra très rapidement, si on n’a pas mis en place des sources de réassurance et de satisfactions puisées ailleurs que dans la possession des choses.
    Laurence, je vous dis rarement MERCI ! comme si cela allait de soi. Mais sachez que j’aime vous lire, j’apprécie énormément les échanges de ce blog. On a rarement occasion d’entrer ainsi dans le vécu des unes et des autres. C’est très riche d’enseignement. J’ai souvent tendance à penser que je vis « normalement », que je m’organise à peu près comme tout le monde, que j’ai les réactions moyennes normales ! En faisant cela, je me mets en fait au centre du monde ! refusant de prendre en compte les différences
    de vécu, d’aspiration de personnes que peut-être, je croise chaque jour ….

  4. jeanne

    Encore une fois, je vois qu’on parle de moi…..
    En effet, à chaque restaurant sa carte, mais dans le but de me remémorer de bons moments. Une fois j’ai refusé une carte, mais c’était en disant : non merci je pense que je ne reviendrai pas!
    Laurence malgré tous vos bons conseils, je suis pas prête à jeter mes cartes….C’est un peu la preuve que je suis vivante, dans une période où je ne suis pas sûre de l’être vraiment………

  5. Helene

    @Laurence : merci

  6. Nanoo

    Je me sens obligée de vous dire que j’ai beaucoup rit en lisant cela. Comme j’ai un gros nettoyage à faire chez moi, je suis en train de bien me documenter avant ces jours-ci, mais je compatis tellement avec « Jacques ». Vous n’imaginez pas à quel point je le comprends. Moi c’est Écureuil en signe astrologique, vous voyez! J’en viens à me demander si c’est pas une pathologie; trop souvent, je me dis que c’est du gâchis toutes ces belles impressions à la poubelle. Ah cette société de surconsommation et du gaspillage! J’ai vécu longtemps dans des pays très pauvres et, je n’y accumulais pas autant qu’ici; mon père nous faisait vider notre armoire avant d’aller acheter de nouveaux habits. La seule chose qu’on accumulait, c’était les livres, on était pas encore à l’air du numérique et on avait même un marché de deuxième main pour les livres. Bref, digression à part, j’ai fait une bonne action hier, je vais au supermarché et je vois des suggestions de recettes, j’en prends 3 me paraissant alléchantes et je les mets dans le caddie. Ma tendre moitié voyant cela me dit « Encore du papier que tu ramènes ! » Et là, je regarde à nouveau et tout en bas, en tout petit, un lien sur le site des recettes. Je fais une photo et je repose sagement ces 3 flyer à leur place. J’étais très fière de moi, car pour un écureuil quelle tentation ( j’ai quand même eu une arrière-pensée pou le tri des photos) ! Mais pourquoi gaspiller tant d’argent dans des flyer et en si grande quantité!

  7. Daniela

    moi, toutes ces cartes sont rangées (eh oui, ça m’arrive !!) dans un porte cartes, que je regarde de temps en temps et que je vide régulièrement. Ouf !! je vais y arriver à m’y retrouver !!

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